| mardi 03 novembre 2009, a 07:49 |
| Le projet de loi sur la Poste devant le Sénat |
Majorité et opposition se sont lancé lundi soir dans une rude bataille sur la réforme du statut de la Poste au Sénat
Le texte comporte deux volets. L'un transpose la directive européenne sur l'ouverture totale à la concurrence du secteur postal en 2011.
L'autre transforme la Poste, actuellement établissement public industriel et commercial, en société anonyme à capitaux public dès début 2010.
Pour le gouvernement, il s'agit de "moderniser" et "d'adapter" La Poste à l'ouverture de la concurrence. Pour les syndicats et la gauche, c'est la porte ouverte à une future privatisation, après celle de GDF malgré les engagements du président de la République Nicolas Sarkozy.
"On va leur pourrir la semaine", proclame-t-on au groupe socialiste. "On sera nuit et jour dans les tribunes pour faire une lecture critique de chaque amendement", a averti le Comité national contre la privatisation de la Poste (CNPP). Ce comité, qui regroupe une soixantaine de partis, de syndicats et d'associations, est à l'origine de la "votation citoyenne" du 3 octobre: plus de 2 millions de Français dans 90 départements y ont pris part, 90 % se déclarant "opposés" à "toute privatisation". Le CNPP a annoncé qu'une "veille citoyenne" allait être organisée pendant la durée du débat.
L'examen de la réforme, que l'opposition avait fait retarder lundi après-midi en multipliant les prises de parole sur un texte précédent, a finalement débuté peu après 22h dans une ambiance agitée, l'opposition continuant à multiplier des rappels au règlement.
Pour sa part, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a assuré qu'il n'y aurait "pas un euro de capitaux privés à La Poste" en défendant le controversé projet de loi. "Ceux qui parlent de privatisation se trompent de combat ! Le capital de La Poste sera intégralement détenu par l'Etat et par des personnes de droit public", a lancé le ministre. "Ce projet de loi a pour objectif d'apporter à La Poste les moyens financiers de son développement - 2,7 milliards d'euros -" pour répondre "à deux défis majeurs" que sont "l'ouverture à la concurrence au 1er janvier 2011" et "la montée en puissance d'internet", a poursuivi M.Estrosi. |
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