La cour d'assises de Haute-Garonne a acquitté jeudi Jacques Viguier, professeur de droit toulousain
Les jurés n'ont pas suivi l'avocat général, qui avait requis 15 à 20 ans de réclusion contre cet homme poursuivi pour le meurtre de son épouse, disparue en 2000 et dont le corps n'a jamais été retrouvé.
Malgré des présomptions, rien ne prouve la culpabilité de Jacques Viguier, qui a toujours nié. Le parquet dira la semaine prochaine s'il fait appel.
La cour d'assises (9 jurés et 3 magistrats) a répondu non aux trois questions qui leur étaient posées: a-t-il commis un homicide volontaire ? A-t-il commis des violences volontaires ? Ces violences ont-elles entraîné la mort sans intention de la donner ?
Dans son réquisitoire de près de trois heures mercredi, la veille du verdict, l'avocat général, Marc Gaubert, avait demandé 15 à 20 ans de réclusion criminelle. Il avait fait état de "présomptions très graves, précises et concordantes qui, additionnées, font une certitude". "Il n'y a pas d'autre hypothèse que votre culpabilité", avait-t-il dit en s'adressant directement à l'accusé. Il avait égréné "les explications invraisemblables", "les mensonges" et "les plus de 40 taches de sang retrouvées en sept lieux différents" de son domicile.
"Pour l'appel", a déclaré l'avocat générale à l'énoncé du verdict, "nous déciderons la semaine prochaine. Rien n'est pressé". "Le peuple est souverain. C'est bien comme cela. C'est bien que l'on respecte la décision du peuple", a-t-il ajouté.
Ce professeur de droit toulousain, qui a toujours affirmé son innocence, était soupçonné d'avoir tué sa femme Suzy Viguier, 38 ans, mystérieusement disparue le 27 février 2000 du domicile du couple. Elle avait rendez-vous le lendemain avec un avocat pour entamer une procédure de divorce. Son corps n'a jamais été retrouvé.
Mis en examen le 11 mai 2000 pour "assassinat" par la juge d'instruction Myriam Viargues, Jacques Viguier, 51 ans, père de trois enfants, avait été écroué jusqu'au 15 février 2001 avant d'obtenir sa remise en liberté.
Bien que continuant de retenir des indices "graves et concordants" sur sa culpabilité, la chambre de l'instruction l'avait renvoyé devant la cour d'assises après requalification de sa mise en examen en "homicide", les juges ayant souligné "l'absence de preuve de préméditation."