Des milliers de personnes ont manifesté mardi à Châtellerault contre la venue de Nicolas Sarkozy
Venus de tout le bassin d'emploi, les manifestants se sont dirigés vers le lieu où le chef de l'Etat a tenu une table ronde sur le thème "des mesures prises par le Gouvernement pour faire face à la crise".
Le Président a notamment annoncé l'embauche de 1.840 emplois au Pôle Emploi et le lancement du Fonds d'intervention sociale.
Les manifestants (1500 selon la préfecture, 7000 selon les organisateurs) ont été bloqués à l'entrée du pont ouvrant l'accès au site du parc des expositions. Des oeufs ont été lancés sur les forces de l'ordre qui ont riposté par des grenades lacrymogènes. D'autres incidents ont éclaté au moment de la dispersion, provoquant de nouveaux tirs de grenades. Neuf jeunes, majeurs et mineurs, ont été interpellés et placés en garde à vue à la suite des incidents.
Châtellerault était quadrillée par un important dispositif policier, mobilisant 800 à 900 hommes selon la préfecture. Environ 200 étudiants participaient au cortège, portant des silhouettes humaines noires en carton sur lesquelles était inscrit "Enterrés par la fac Bling-Bling".
Une soixantaine de salariés de l'entreprise Heuliez de Cerizay (Deux-Sèvres), menacée de cessation de paiement en avril, a fait le déplacement. "C'est une action de plus pour continuer à parler d'Heuliez, pour maintenir la pression", a déclaré à l'AFP Emile Bregeon, délégué CFDT d'Heuliez.
De nombreux élus locaux s'étaient joints à la manifestation. "Aucun élu de l'opposition n'a été invité à la table ronde. En fait, c'était une table carrée, réservée aux amis de Nicolas Sarkozy", a commenté Paul Fromenteil (PCF), vice-président du Conseil régional.
Nicolas Sarkozy, avant de participer à la table ronde, a visité la Caisse d'allocation familiale de Châtellerault et s'est rendu ensuite au Pôle emploi de la ville. Le chef de l'Etat est arrivé en avion jusqu'à Poitiers, avant de gagner Chatellerault en voiture.
Lors de la table ronde, le Président a de nouveau défendu le "bouclier fiscal", dont syndicats et opposition demandent la suppression : "Je préfère que les gens investissent dans nos entreprises et dans notre pays plutôt que d'aller faire la fortune de pays voisins que je ne citerais pas - mais enfin, si vous voulez que je les cite, je les cite : la Belgique, le Luxembourg, Monaco, la Suisse et ailleurs." |