Les syndicats défileront main dans la main le 1er mai prochain pour la première fois
Les syndicats, qui manifestaient jusqu'alors en ordre dispersé pour la Fête du Travail, entendent en faire un nouveau "temps fort" de la mobilisation.
Les 8 organisations (CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, CGC), qui ont fait descendre dans la rue de 1,2 à 3 millions de personnes le 19 mars, ont pris cette décision lors d'une réunion lundi.
Ce 1er mai unitaire sera une première. "Depuis la Libération, il n'y a jamais eu de 1er mai avec tous les syndicats dans le même cortège", assure René Mouriaux, chercheur en sciences sociales spécialiste des syndicats.
Les syndicats maintiennent la pression
"Dans (un) contexte exceptionnel, les organisations syndicales s'entendent pour faire du 1er mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat", écrit l'intersyndicale qui réclame des mesures en faveur des salariés touchés par la crise.
Mais d'ici au 1er mai, les syndicats entendent maintenir la pression. Ils ont décidé de "faire du mois d'avril un mois de mobilisations ponctué d'initiatives visant à soutenir les actions engagées et à organiser les solidarités".
Les Huit se retrouveront le 27 avril pour évaluer "les réponses du gouvernement et du patronat" à leurs exigences et prendre le cas échéant de "nouvelles initiatives" telles qu'une "grève interprofessionnelle ou une "mobilisation un samedi", précise la déclaration commune.
Lundi, reçus par le président Nicolas Sarkozy à l'Elysée, les syndicats ont réclamé "des mesures plus concrètes, plus favorables aux salariés" et déploré que "des annonces qui ont été faites le 18 février au sommet social, il n'y ait quasiment rien de mis en oeuvre".
La majorité des Français soutient le mouvement
Alors que les annonces de suppressions d'emplois se multiplient et que le chômage s'accroît (79.900 demandeurs en plus en février), le gouvernement a maintenu qu'il n'irait pas au-delà des 2,8 milliards débloqués après le sommet social du 18 février. Selon un sondage BVA publié mardi, 59% des Français souhaitent la poursuite du mouvement.
Le 29 janvier, 800.000 à 2,5 millions de personnes sont descendues dans la rue pour défendre l'emploi, les salaires et les services publics. Deux mois plus tard, la journée de mobilisation du 19 mars, qui a rassemblé entre 1,2 à 3 millions de manifestants, a battu un record depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.