La police égyptienne a arrêté trois hommes suspectés d'être impliqués dans l'attentat de dimanche au Caire
Ils ont été interpellés près du lieu de l'attentat, juste après l'explosion de l'engin, qui, selon la police, était placé sous un banc de la place al-Hussein, près du souk touristique Khan al-Khalili, au coeur de la ville historique.
Une jeune touriste française de 17 ans a été tuée et 25 autres personnes blessées. L'attentat n'a pas été revendiqué.
Selon les services de sécurité, c'est un engin artisanal qui a explosé vers 18h50, et il avait été placé dans un sac en plastique sous un banc en pierre de la place de la mosquée al-Hussein. Selon des témoins, l'engin a été lancé en direction du groupe.
La Française tuée, originaire de Levallois-Perret, effectuait un voyage avec sa classe. Parmi les 25 blessés figurent 17 touristes français, dont trois plus sérieusement atteints, ainsi qu'un Allemand, trois Saoudiens et quatre Egyptiens. 14 des blessés français ont pu quitter l'hôpital après avoir reçu des soins.
La grande majorité du groupe de jeunes touristes français frappé par l'attentat est rentrée à Paris. 55 jeunes ont quitté le Caire, 15 autres sont restés sur place dont trois qui sont encore hospitalisés. Ils ont atterri à Roissy lundi en fin de matinée. Originaires pour la plupart de Levallois-Perret, ils était arrivés le 16 février en Egypte pour un séjour touristique organisé par la municipalité.
La plus haute autorité de l'islam sunnite, l'imam d'Al-Azhar Mohammed Sayyed Tantaoui, a condamné dans un communiqué l'attentat, le qualifiant d'"acte criminel", "totalement" contraire à l'Islam, selon l'agence officielle Mena.
A Paris, le président Nicolas Sarkozy a fait part de sa "profonde émotion". Il a transmis "ses condoléances à la famille de la victime et adressé un message de sympathie et de solidarité aux blessés et à leurs proches".
Précédents attentats
Le bazar de Khan Al Khalili, où convergent chaque jour des milliers de touristes, avait déjà été le théâtre d'un attentat en avril 2005, dans lequel deux touristes français et un Américain avaient été tués.
Celui de dimanche est la première attaque contre des touristes en Egypte depuis le triple attentat qui avait frappé la station balnéaire de Dahab, dans la péninsule du Sinaï, en avril 2006. Vingt personnes, dont six ressortissants étrangers, avaient alors été tuées, en plus des trois kamikazes.
Il s'agit de la première attaque contre des touristes en Egypte depuis le triple attentat qui avait frappé la station balnéaire de Dahab, dans la péninsule du Sinaï, en avril 2006. Bilan: vingt personnes tuées, dont six ressortissants étrangers, avaient alors été tuées, en plus des trois kamikazes. Deux autres grandes cités balnéaires du Sinaï, en bordure de la mer Rouge, avaient également été visées en 2004 et 2005: Taba (34 morts) et Charm-el-Cheikh (70 morts).
Les autorités avaient attribué ces actions à des bédouins islamistes membres du groupe Al Tawid Wal Jihad, estimant qu'ils avaient eu des liens avec des islamistes palestiniens de la bande de Gaza. Trois avaient été condamnés à mort et exécutés. Pour autant, ces attentats ne semblaient pas reliés à la violence islamiste orchestrée par des groupes Al Jihad et Al Gamaa Al Islamiya qui avait provoqué la mort de 1300 personnes dans les années 90.
Conséquences économiques
L'attentat dans un lieu aussi symbolique que Khan Al Khalili pourrait peser lourdement sur le tourisme en Egypte, déjà touché par la crise économique.
Avec 13 millions de visiteurs l'an dernier, il s'agit d'un secteur clef qui a rapporté 11 milliards de dollars pour l'année fiscale 2008, soit 11,1% du PNB, et emploie 12,6% de la population active. L'an dernier, 1,8 million de Russes se sont rendus sur les bords de la mer Rouge, devant 1,2 million d'Allemands, autant de Britanniques, 1 million d'Italiens et 600.000 Français.