Une vingtaine de scientifiques lancent un appel à la prudence dans l'utilisation des téléphones portables
En attendant des conlusions définitives sur leur dangerosité, les signataires du texte publié dans le JDD, surtout des cancérologues, mettent en garde les moins de 12 ans et dressent une liste de recommandations.
Selon le ministère de la Santé, aucune preuve scientifique ne permet aujourd'hui de démontrer "un risque notable" pour la santé.
Mais pour les scientifiques, signataires de cet appel, parmi lesquels figurent Thierry Bouillet, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny et le professeur de psychiatrie David Servan-Schreiber, à l'origine de texte, "il y a un faisceau d'arguments scientifiques inquiétants" et "le risque est trop fort pour être couru".
Pour autant, David Servan-Shreiber, professeur de psychiatrie à l'université de Pittsburg et auteur du best-seller "Guérir", assure ne pas être contre les opérateurs, qu'il espère "pousser à développer des pistes sécuritaires", ni contre l'usage du portable, qu'il utilise lui-même alors qu'il a un cancer au cerveau.
Mais pour lui, "l'usage des portables n'est sans doute pas anodin et il y a des façons avérées de ce protéger". "Il faut se nourrir des erreurs passées", estime-t-il, citant l'amiante face à laquelle "il a fallu cent ans entre les premiers rapports scientifiques et l'interdiction".
Parmi les dix mesures de précaution préconisées par les signataires de l'appel: ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence, maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette, éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en veille.
Le texte suggère aussi de communiquer plutôt par SMS et d'éviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides en voiture ou en train.
Depuis plusieurs années, nombre d'experts à travers le monde mettent en garde contre un usage immodéré chez les enfants, dans la mesure où leur système nerveux, en cours de développement, pourrait être plus sensible aux rayonnements dus aux téléphone portables.
Début janvier, deux associations de défense de l'environnement avaient réclamé au ministère de la santé l'interdiction à la vente d'un téléphone portable destiné spécifiquement aux enfants.
Le ministère n'avait pas donné suite à cette demande mais cependant appelé les parents à la prudence, affirmant que l'hypothèse d'un risque ne pouvant être "complètement exclue", la précaution était de mise.
> Le site Guérir de David Servan-Shreiber