Les gendarmes qui enquêtent sur l'accident du car scolaire ont lancé vendredi un appel à témoins
Ils recherchent le conducteur d'un "véhicule à forte capacité, genre 4x4" que le chauffeur de l'autocar a affirmé avoir vu arriver en face au moment où il franchissait le passage à niveau.
Sept collégiens d'Allinges (Haute-Savoie) sont morts lundi dans la collision de leur car scolaire avec un train à ce passage à niveau.
L'avocat du chauffeur, Me Adrien-Charles Dana affirme, dans le Figaro de vendredi qu'un véhicule 4x4 qui a croisé le car a "obligé le chauffeur de car à ralentir". "Ce 4x4 est un élément ou un indice", a indiqué à l'AFP l'avocat, qui dit avoir reçu plusieurs coups de téléphone de routiers souhaitant témoigner.
La gendarmerie a invité quiconque aurait vu ce 4X4 à se manifester auprès du centre opérationnel du groupement de la gendarmerie de Haute-Savoie, en appelant au 04 50 09 47 22.
Le conducteur du car, un homme de 49 ans sans antécédent judiciaire et à la réputation professionnelle sérieuse, a été mis en examen et écroué mercredi pour "homicides et blessures involontaires par manquement à une obligation de prudence et de sécurité imposée par la loi". Des témoins affirment qu'il n'a pas respecté les feux clignotants annonçant l'arrivée du train, ce qu'il dément.
Hommage aux victimes
Plus de 4.000 personnes, très émues, ont rendu hommage jeudi à Margencel aux collégiens tués le 2 juin à Allinges. "Nous disons ensemble un dernier adieu à Yannis, Thimothée, Léa, Natacha, Tom, Benoît et Fanny", a déclaré l'évêque d'Annecy, Yves Boivineau. Les obsèques ont eu lieu en présence du Premier ministre François Fillon et du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer.
Le principal du collège, Patrick Bermond, très affecté, s'est adressé aux familles éplorées: "il faut que je vous dise que je pense sans cesse à vous, à vos enfants. Je souffre de ne pouvoir changer le cours des choses." Patrick Bermond a évoqué l'entraide "extraordinaire" depuis l'accident entre élèves, personnel, parents et inconnus envoyant des "témoignages de sympathie de tous les coins de la France".
Les messages des enfants
Frères et soeurs, parents et amis des enfants décédés ont lu de courts messages."Léa, ma meilleure amie, elle avait plein de coeur, elle était superbe", a dit Caroline, la voix étouffée par les sanglots, venue avec les membres en tenue du poney-club que fréquentait Léa. De leur côté, Xavier et Stéphanie ont évoqué Benoît qui rêvait de devenir un grand cuisinier: "Tu es parti un matin du 2 juin sans qu'on ait pu te dire au revoir. Nous espérons que ta vie continuera sur une étoile." Yannis, selon Ludovic, était "1,65 m de générosité et d'humour décapant".
Dans la salle de la cérémonie, dont le sol était recouvert d'une moquette bleue -couleur préférée d'une des victimes- quelques dessins, des mots et des poèmes des collégiens à l'adresse de leurs camarades décédés et des familles tapissaient les murs.On pouvait notamment lire: "Fanny, Léa, trop jeunes pour partir" ou bien "sept nouvelles étoiles sont montées vers le ciel." Des centaines de gerbes de fleurs avaient été alignées le long du gymnase où ont afflué les collégiens, portant des tee-shirts où étaient inscrits les prénoms de leurs camarades disparus.
La cérémonie était retransmise par haut-parleurs à l'extérieur du gymnase, où plus de 3000 personnes (deux fois la population de Margencel) s'étaient rassemblées sous un temps gris. Parmi elles, Jeanne, 77 ans: "Ma petite-fille était dans le car (accidenté), elle s'en est tirée. On ne peut pas faire autrement que de participer à la douleur des familles." Les commerçants de Margencel, d'Anthy et de Sciez, deux communes voisines, où demeuraient les sept collégiens décédés, ont baissé leurs rideaux dans l'après-midi en signe de deuil.
A l'issue de la cérémonie, qui a duré plus d'une heure, les cercueils ont été transportés dans des corbillards, précédés d'un membre de chaque famille, portant une photo des enfants décédés. Leurs obsèques devaient ensuite se dérouler dans l'intimité.
Lundi, un TER assurant la liaison entre Evian-les-Bains et Genève avait percuté un bus scolaire sur un passage à niveau, causant la mort de sept collégiens et faisant 25 blessés, dont trois graves. Le chauffeur du bus a été mis en examen et écroué mercredi pour "homicides et blessures involontaires".