Service minimum: les syndicats remontés
Les syndicats ont appelé vendredi à rester mobilisés après l'annonce d'un projet de loi sur le service minimum à l'école
Lycéens, enseignants et autres fonctionnaires ont défilé jeudi par milliers contre la suppression de milliers de postes à la rentrée prochaine.
Le président Sarkozy a répondu le soir même en annonçant un projet de loi "avant l'été" sur l'accueil des enfants de primaire en cas de grève.
Très remontés par cette annonce, les syndicats de l'Education ont appelé à rester mobilisés, notamment les 18 et 24 mai.
Dimanche 18 mai, la FSU, première fédération de l'Education, appelle seule à une manifestation nationale à Paris, de la place de l'Opéra (départ 13h30) à la place de la Bastille. Le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri a appelé "tous ceux qui veulent contrer les régressions de tous ordres (dans l'Education, ndlr) à venir manifester dès dimanche".
La suppression de 11.200 postes d'enseignants à la rentrée, et plus largement la politique éducative du gouvernement est toujours au centre des mécontentements.
Une autre journée d'action multiforme est prévue samedi 24 mai, cette fois à l'appel de 19 organisations dont la FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT, les parents d'élèves de la FCPE, l'UNL, l'Unef, etc..
Entre temps, certains syndicats appellent aussi à participer à la journée pour les retraites solidaires le jeudi 22 mai. Le Sgen-CFDT a déposé des préavis de grève pour ces deux journées.
En outre, deux intersyndicales se tiendront lundi 19 mai pour décider des suites de la mobilisation.
| Service minimum: Sarkozy annonce un projet de loi | "J'ai demandé au gouvernement de déposer avant l'été un projet de loi qui instituera un droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles", a déclaré jeudi soir le président de la République, a l'issue d'une journée de grève et de manifestations dans la Fonction publique et l'Education.
"Le projet que je demande au gouvernement prévoira qu'en cas de grève, les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance", a dit Nicolas Sarkozy, assurant que "la charge financière (de cet accueil) sera assurée par l'Etat". Le projet prévoira également que les communes devront proposer des solutions d'accueil", a encore déclaré le président, en expliquant que "la charge financière (de cet accueil) sera assurée par l'Etat".
Une annonce aussitôt critiquée l'ensemble des syndicats enseignants et lycéens, qui ont estimé à l'instar de Gérard Aschieri (FSU) que le chef de l'Etat franchissait "une ligne rouge", en voulant limiter le droit de grève. Mercredi, le mot d'ordre de grève a été bien suivi dans l'Education, avec entre 46,16% (ministère) et 63% (SNUipp, syndicat majoritaire) de grévistes dans le primaire pour protester aussi contre le projet de nouveaux programmes.
L'annonce de Nicolas Sarkozy a aussi suscité des réactions de la part des maires, qui seraient contraints d'organiser l'accueil dans les écoles. Le maire de Paris Bertrand Delanoë a qualifié jeudi de "passage en force" et de mesure "contraire à la Constitution" le projet obligeant les communes à mettre en place un service minimum de garderie dans les écoles fermées en cas de grève. "Plutôt que de mener ces opérations de diversion, le gouvernement devrait engager des réformes de fond permettant d'augmenter la qualité et l'efficacité de l'enseignement", ajoute le maire de Paris.
Nicolas Sarkozy a rejeté vendredi en Seine-et-Marne les critiques, assurant que "les Français jugeront".
Jeudi, le service minimum d'accueil (SMA), dispositif consistant à rémunérer des agents municipaux pour garder les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur salaires des grévistes, avait été finalement mis en place dans 2.837 communes (sur 22.500 ayant une école). |  |
| Service minimum: "provocation" pour les syndicats | Gérard Aschieri (FSU): C'est "assez extraordinaire qu'au lieu de répondre à ce mouvement, il parle d'autre chose. C'est légitime qu'on se préoccupe de la situation des familles mais aujourd'hui la meilleure manière de se préoccuper de cette situation et d'éviter les inconvénients c'est d'éviter la grève, avoir du dialogue social (...) Il dit qu'il respecte le droit de grève mais de fait, il en limite les conditions d'exercice. Le droit de grève, pour moi, c'est la ligne rouge à ne pas franchir". (déclaration à France Info)
Gilles Moindrot (SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire): "Une annonce exaspérante qui frise la provocation. Au soir d'une journée d'action massivement suivie (...) il n'y a aucune réponse aux inquiétudes, aux demandes d'ouverture de discussion pour désamorcer le conflit. La seule annonce est une nouvelle diversion. Le gouvernement ferait mieux de réfléchir pour quelles raisons les mairies n'ont pas mis en place ce SMA (...) Les collègues seront exaspérés et ça va les encourager à participer aux actions de dimanche et du 24". (déclaration à l'AFP).
Florian Lecoultre (UNL, 1er syndicat lycéen): "Sarkozy cède à une nouvelle provocation. A l'heure où les manifestations se font de plus en plus plus nombreuses, il jette encore de l'huile sur le feu. Il répond à côté. C'est acabradabrantesque de voir quelqu'un qui remet en cause le droit de grève après une journée comme celle d'aujourd'hui". (déclaration à l'AFP)
Du côté des politiques, le premier secrétaire du PS François Hollande a accusé jeudi le président Nicolas Sarkozy d'"ouvrir une épreuve de force, inutile et blessante" et de "diviser les Français" en annonçant une loi sur l'accueil obligatoire des enfants en cas de grève dans les écoles. "Nicolas Sarkozy veut ouvrir une épreuve de force, inutile et blessante, il veut diviser les Français, mettre une partie de l'opinion au service d'une cause simplificatrice et enfin, engager une manoeuvre politique, quand il faut répondre aux besoins de l'école et de l'avenir des enfants", a déclaré M. Hollande à l'AFP. |  |
| Education: agence nationale de remplacement créée | Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a annoncé, dans un entretien à Aujourd'hui en France/Le Parisien vendredi, la création pour la rentrée 2009, d'une "agence nationale de remplacement" pour les enseignants.
"Je vais créer une agence nationale de remplacement pour la rentrée 2009", a-t-il indiqué, précisant que "les fonctionnaires ne changeront pas de statut".
Selon le ministre de l'Education, "il ne s'agit pas d'une agence d'intérim". "Ce sera une structure de planification et d'organisation nationale, dédiée à cette seule fonction : planifier les besoins prévisibles - congés maternité par exemple - et gérer au plus vite les absences".
Concernant l'accueil des élèves des écoles primaires par un service minimum les jours de grève, Xavier Darcos a affirmé qu'il s'agissait d'"un principe fondamental de la République". Pour le ministre, il s'agit d'"une question d'égalité, de justice sociale, qui relève de l'intérêt général".
Enfin, concernant l'obligation qu'il veut instituer de se déclarer gréviste 48h avant la grève, il a précisé à l'AFP qu'en cas de non respect (de cette déclaration individuelle), l'enseignant "s'expose à des sanctions disciplinaires, comme dans les transports" qui seront prononcées par "un conseil de discipline". |  |
| La grève de mercredi a été bien suivie | Dans les collèges et lycées, entre 33,55% (ministère) et 55% (Snes-FSU (majoritaire) des personnels étaient en grève. Unsa-Education a parlé de 60% de participation dans l'ensemble de l'Education. Par comparaison, lors de la dernière grève dans toute la Fonction publique le 24 janvier, la FSU avait fait état de 54% de grévistes et le ministère de 34% (chiffre qu'il a revu à la baisse deux mois plus tard, à moins de 30%).
La grève a aussi touché le reste de la Fonction publique : elle a été observée par 24,8% des agents de l'Etat (dont la Poste et France Télécom), chiffre similaire à celui de la dernière grève unitaire du 24 janvier (24,7%), et 6% des agents des collectivités territoriales, selon le ministère; Dans les hôpitaux elle a été suivie par un peu plus de 5% des personnels, selon le ministère et la CGT-Santé.
Les manifestations ont réuni en France entre 200.000 personnes selon la police, et 300.000 manifestants selon la FSU. Ils étaient 7.000 à 30.000 à Marseille, 12.000 à 30.000 à Nantes, 7.000 à 15.000 à Grenoble. A Paris, ils étaient 18.000 selon la police, entre 50.000 et 60.000 selon la FSU, dont des milliers de lycéens. |
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