2000 personnes manifestaient jeudi après-midi à Paris pour protester contre les suppressions de postes d'enseignants
Le cortège, constitué pour la plupart de lycéens de la région parisienne, est parti du quartier du Luxembourg en direction du ministère de l'Education rue de Grenelle (VIIe).
Dans la banlieue parisienne, le mouvement de protestation contre les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2008 dure depuis plusieurs semaines.
Selon le rectorat de Créteil, 637 postes (équivalents temps plein) seront supprimés à la rentrée prochaine dans les collèges et lycées, soit 858 au total.
Le rectorat affirmait jeudi que la mobilisation des enseignants, et depuis une semaine des lycéens, contre les suppressions de postes programmées au vu des prévisions démographiques en baisse dans le second degré était "en nette diminution" malgré "une radicalisation dans certains endroits".
Le rectorat enregistrait toutefois 11% de grévistes dans les collèges et lycées de l'académie jeudi, 25% en Seine-Saint-Denis, 10,8% dans le Val-de-Marne et 3% en Seine-et-Marne. L'autorité académique dénombrait mercredi "neuf établissements perturbés ou bloqués" dans l'académie (Val-de-Marne, Seine-et-Marne et Seine-Saint-Denis), dont 4 en Seine-Saint-Denis, "contre 45 établissements perturbés au pic des actions au retour des vacances". La présence de policiers aux abords des lycées Costes (Bobigny), Le Rolland et Delacroix (Drancy), cible d'intrusions violentes jeudi et mardi, semblait avoir calmé mercredi les velléités de débrayages des lycéens, selon la police, ce qu'ont confirmé des professeurs et un proviseur interrogés. A Epinay-sur-Seine, l'entrée du lycée Feyder a en revanche été bloquée par une poignée de jeunes, pour la quatrième fois depuis jeudi. "Le lycée a encore été pris en otage par 15 voyous", selon le proviseur Jean-François Bourdon, qui réclame une "intervention préventive" de la police. Fermé le matin, le lycée a rouvert ensuite. Environ 250 lycéens ont manifesté mercredi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) contre les disparitions de postes prévues dans leurs établissements. Des élèves des lycées Paul-Eluard, Bartholdi, Enna et Suger ont manifesté pendant trois heures dans le calme, rejoints par quelques lycéens d'Utrillo (Stains) se vantant d'avoir "occupé" leur lycée pendant la nuit. Le cortège a traversé la ville du Nord au Sud avant de s'arrêter devant la mairie où le "grand meeting" annoncé par les lycéens s'est réduit à quelques acclamations, et pour finir, une démonstration de danse tecktonik. Des professeurs, peu nombreux, étaient présents. Interrogés par l'AFP, ils se sont défendus "d'instrumentaliser" leurs élèves, comme les en accuse le rectorat. Au lycée Costes à Bobigny, des professeurs redoutent une "récupération négative" de la mobilisation lycéenne et des quelques débordements des jours passés. "C'est encore une fois les bahuts de banlieue qui en prennent pour leur grade. On ne parle de nous que depuis que les lycéens sont dans la rue", constatait amer Jean-Christophe Daveiga, professeur d'art graphique, selon qui les jeunes agissent de façon "totalement autonome", "avec leurs moyens et leur logique". |