Le professeur est poursuivi pour "violence aggravée" après avoir giflé un élève de 6e qui l'avait traité de "connard"
Fort de la mobilisation de nombre de ses collègues, José Laboureur, 49 ans, qui enseigne la technologie à Berlaimont (Nord), veut un vrai procès pour se défendre.
Il refuse la procédure de plaider-coupable qui devait lui être proposée jeudi par le procureur d'Avenes-sur-Helpe.
L'aspect judiciaire de l'affaire avait commencé quand le père du mineur avait déposé plainte contre l'enseignant. La police était alors intervenu au domicile de Joël Laboureur.
"Plaider coupable, vous savez ce que cela veut dire ?", a-t-il lancé
du haut de son 1,90 m mardi lors d'une conférence de presse dans les bureaux de ses avocats. S'il reconnaît un "geste malheureux", il trouve "important de défendre la corporation" des enseignants "et tous les gens qui [l]'ont soutenu". "Pour eux, je veux que ce soit public", ajoute-t-il.
L'affaire a généré "une émotion extrêmement forte dans le milieu enseignant", a rappelé l'un des défenseurs, Me Jean-Marc Villesèche. José Laboureur aurait ainsi reçu plus de 40.000 lettres de soutien ou d'indignation".
Selon ses avocats, la "médiatisation à outrance" de l'affaire a "porté un coup" à la présomption d'innocence. Le procureur a fait des déclarations "à charge" contre son client, estiment-ils.
L'enseignant reconnaît avoir giflé le garçon de 11 ans, fils de gendarme, quand il l'a traité de "connard ". Pour autant, le plaider-coupable "suppose que l'on accepte une qualification pénale" à ces faits, font valoir les avocats. "Or c'est un problème juridique qui se pose: est-ce qu'on est dans le cadre de l'exercice de l'autorité d'enseignant ou face à une infraction pénale ?", expliquent-ils. D'où, selon eux, la nécessité qu'un tribunal tranche cette question.
Le plaider-coupable suppose l'accord du prévenu et se déroule simplement en présence de ce dernier, de son avocat et du procureur. Une date d'audience devrait être fixée devant le tribunal correctionnel d'Avesnes, sans doute pas avant trois mois, selon le procureur Bernard Beffy.
Les avocats plaideront la relaxe. "Nous soutiendrons que nous étions face à l'agression verbale d'un élève et dans le cadre de l'exercice de l'autorité" d'un enseignant, expliquent-ils.
L'avis du procureur
Ce dernier a regretté devant la presse que José Laboureur ait changé d'avis sur le plaider-coupable. Selon lui, cette procédure était "parfaitement adaptée" à la situation et sans doute "dans l'intérêt" du professeur. Lequel risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. "La justice n'est pas faite pour offrir des tribunes", a estimé Bernard Beffy.
Le procureur a rappelé une nouvelle fois qu'il ne fallait pas "réduire cette affaire à une gifle", puisque des violences "ont précédé et d'autres ont suivi cette gifle". Selon l'accusation, l'enseignant, exaspéré par le désordre dans la classe, avait notamment empoigné l'élève et l'aurait poussé plusieurs fois contre le mur.