Un homme condamné en 2004 pour le meurtre d'une femme au pont de Neuilly pourrait être innocenté
Des analyses ADN mettent en effet en cause un nouveau suspect dans cette affaire.
Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a annoncé mercredi que des traces ADN d'un homme qui s'est accusé dernièrement de deux meurtres de femmes au pont de Neuilly, en décembre 2001 et mai 2002, avaient été retrouvées sur des vêtements de la première victime.
Alors que le second meurtre n'a toujours pas été élucidé, ces nouveaux éléments viennent renforcer l'hypothèse selon laquelle l'homme qui purge une peine de 18 ans de réclusion pour le premier meurtre, pourrait avoir été condamné à tort.
Philippe Courroye, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, a ajouté qu'il ouvrirait jeudi une information judiciaire pour "assassinat, viol et vol" pour le meurtre de 2001 à l'encontre du nouveau suspect, un sans-abri d'une trentaine d'années qui s'était livré à la police dans la nuit du 3 au 4 mars dernier.
L'homme, qui venait de sortir de prison, a déjà été mis en examen et incarcéré au lendemain de ses aveux dans le cadre de la première information judiciaire ouverte pour l'homicide de 2002. Il a déjà été condamné à sept reprises dans le passé, "notamment pour des faits d'agression sexuelle", a indiqué le procureur.
M. Courroye a aussi annoncé qu'il transmettrait les nouveaux "éléments au parquet général" afin que celui-ci décide ou non de saisir le ministère de la Justice en vue d'une révision du procès de l'homme, âgé de 19 ans à l'époque des faits.
Celui-ci avait été condamné en 2004 par la cour d'assises des Hauts-de-Seine à 18 ans de réclusion criminelle, peine confirmée l'année suivante par la cour d'appel de Versailles, pour le meurtre d'une mère de deux enfants âgée de 45 ans. S'il avait fait des aveux lors d'une garde à vue, il s'était rétracté et avait clamé son innocence au cours des deux procès.
Philippe Courroye a expliqué au cours de sa conférence de presse que les analyses menées ces derniers jours n'ont été rendues possibles que grâce à "de nouvelles méthodes scientifiques".
Ces examens ont permis de retrouver "sur le côté du K-Way et sur la base du pantalon" de la première victime "des traces d'ADN masculin d'un genre identique de celui de la personne venue se livrer le 4 mars". "Selon l'expert, l'empreinte génétique est identique", a précisé M.Courroye, ajoutant que les analyses ne permettaient pas en revanche de faire coïncider l'ADN de la victime avec les vêtements de la personne condamnée.
Pressé de questions sur une possible erreur judiciaire, il a indiqué que la condamnation de celle-ci avait reposé sur "ses aveux passés en garde à vue" et "la reconnaissance d'un témoin qui était sur les lieux au moment des faits". |