| vendredi 21 mars 2008, a 09:32 |
| chantal sébire aurait été autopsié |
Le parquet de Dijon a ordonné l'autopsie de Chantal Sébire qui a été réalisée jeudi, selon Le Figaro et Le Parisien
Les résultats de cette autopsie -ni confirmée ni démentie par la justice - pourraient être connus aujourd'hui. Les premières constatations des experts renforcent l'hypothèse d'une mort naturelle de la quinquagénaire, selon Le Figaro.
La décision d'autopsie a été prise contre l'avis des proches de Chantal Sébire.
L'enseignante, qui souffrait d'une tumeur incurable, avait été retrouvée morte mercredi à son domicile. La décision d'effectuer une autopsie aurait été prise par précaution, le médecin qui constaté le décès ayant refusé de délivrer un permis d'inhumer.
Atteinte d'une esthésioneuroblastome, tumeur rarissime et incurable aux sinus et à la cavité nasale, qui la défigurait et la faisait atrocement souffrir depuis huit ans, cette mère de trois enfants avait médiatisé depuis plusieurs semaines son combat pour le droit à mourir dans la dignité. Elle disait vouloir être conduite vers la mort, en accord avec ses enfants et réclamait que la justice permette à son médecin de famille de lui administrer une dose mortelle de pentothal, ce qui a été refusé.
A propos de l'autopsie, l'avocat de Chantal Sébire, Me Gilles Antonowicz a assuré qu'il n'était "au courant de rien". "C'est possible qu'il y ait eu une autopsie mais je trouve ça regrettable car ça ne mène à rien et ça porte atteinte au respect du corps", a-t-il déclaré.
Avant la nouvelle du décès, Matignon avait demandé mercredi à Jean Léonetti, rapporteur de la loi de 2005 instaurant un droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active, une mission d'évaluation pour remédier éventuellement à "l'insuffisance de la législation".
Au-delà de la très forte émotion suscitée par la médiatisation dès fin février de ce douloureux dossier, le cas de Chantal Sébire aura, cinq ans après l'affaire Humbert, relancé le débat sur l'euthanasie active légale, autorisée ou en cours d'autorisation dans trois pays de l'Union européenne (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg) et en Suisse.
| La proposition de loi de Laurent Fabius | Laurent Fabius, député PS de Seine-Maritime, a rendu publique jeudi une proposition de loi instaurant "une aide active à mourir" sous assistance médicale et étroitement encadrée, au lendemain de la mort de Chantal Sébire .
Le texte de cette proposition de loi "relative au droit de finir sa vie dans la dignité" a été rédigé par un groupe de travail mis en place à la demande de M. Fabius après la mort de Vincent Humbert. Il se veut "une contribution au débat et au travail parlementaire à venir, nécessaire pour humaniser notre droit", selon des proches du député.
Le texte vise, selon l'exposé des motifs, "à autoriser, préciser et conditionner le droit de finir sa vie sans déchéance et dans le libre consentement pour les personnes frappées d'extrêmes maladies ou les patients que la médecine a maintenus artificiellement en vie".
L'article 1 déclare: "Toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection reconnue grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée, peut demander à bénéficier, dans les conditions strictes" énumérées aux autres articles, "d'une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité."
Dans ce cas très précis, la personne concernée peut demander "à son médecin traitant le bénéfice d'une aide active à mourir", et "celui-ci doit saisir sans délai" un collège d'"au moins quatre praticiens", dont "un médecin indépendant spécialiste de la pathologie du patient".
Pour qu'une aide active à mourir puisse être apportée, le collège médical doit "parvenir, avec le patient, à la conviction qu'il n'y a aucune autre solution dans sa situation et que la demande du patient est entièrement volontaire".
Il est stipulé que "la demande du patient doit être confirmée par écrit". Est également prévu le cas où "le patient n'est pas en état de formuler sa demande par écrit".
La proposition de loi précise que "les professionnels de santé ne sont pas tenus d'apporter leur concours à la mise en oeuvre d'une aide active à mourir".
Le dispositif est encadré par une "Commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de finir sa vie dans la dignité" et des commissions régionales ayant le même objet. |
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