Jean-Marie Colombani remet mercredi à l'Elysée ses propositions pour remédier aux difficultés des familles adoptantes
L'ancien président du directoire du Monde a été chargé, en ocotbre dernier, par le président Nicolas Sarkozy d'une mission sur l'adoption. Il s'agit de remédier aux difficultés croissantes des familles françaises qui adoptent un enfant, en France et à l'étranger, où le nombre d'adoptions a chuté de 20% en 2007.
En deux ans, le nombre d'adoptions internationales en France a diminué d'un millier d'unités, passant de 4.136 en 2005 à 3.162 en 2007. Cette baisse a suscité l'émoi des familles, d'autant que la réforme de 2005 était accompagnée d'un engagement du gouvernement de doublement du nombre des adoptions à l'étranger.
Le nombre d'adoptions nationales stagne, il est environ de 800 chaque année.
Le déséquilibre entre la diminution du nombre d'enfants adoptés à l'étranger et le nombre toujours élevé des agréments délivrés chaque année aggrave l'insatisfaction des familles. Les conseils généraux acceptent plus de 8.000 dossiers d'agrément par an, la procédure restant assez peu sélective malgré les délais, et le "stock" des agréments toujours valides est estimé à 30.000.
Une réglementation plus sévère des procédures d'agrément est souhaitée par certains, avec par exemple un écart d'âge maximum entre le parent adoptant et l'enfant.
L'Agence française de l'adoption (AFA), créée en 2006 pour suivre les dossiers, a reçu depuis février plus de mille dossiers pour le Cambodge, alors qu'une trentaine seulement seront envoyés. Les délais sont de ce fait de plus en plus longs. Pour la Chine (2.000 demandes envoyées à l'AFA) les familles sont prévenues qu'un dossier déposé aujourd'hui n'aboutira que dans quatre ans.
Plusieurs raisons expliquent les difficultés croissantes de l'adoption internationale, face auxquelles certains pays, comme l'Espagne et l'Italie, s'en sortent mieux que la France. De plus en plus nombreux à signer la convention internationale des droits de l'enfant de La Haye de 1993, les pays privilégient désormais les adoptions par des nationaux et durcissent leurs critères. Certains refusent les adoptants célibataires, proposent des fratries, des enfants de plus de 5 ans, alors que les Français sont demandeurs de tout petits, ou des enfants "à particularité". D'autres, comme la Colombie, exigent des enquêtes psychologiques plus poussées que ne le nécessitent les procédures d'agrément en France.
Le nombre d'adoptions tend à se stabiliser, voire à diminuer, dans certains pays en raison de la diminution des abandons d'enfants, l'amélioration des systèmes de protection sociale et la croissance économique.
La Chine (40.000 dossiers d'adoption en attente) et la Russie, d'où venaient la moitié des enfants adoptés dans le monde il y a quelques années, ferment le robinet. Madagascar ou le Vietnam sont fermés à l'adoption individuelle.
Enfin, la nécessité de respecter des procédures lourdes a ralenti l'implantation de l'AFA dans les pays d'adoption. L'Agence est de plus empêchée par son statut de suivre l'exemple de pays d'accueil comme l'Espagne et l'Italie, qui accompagnent leurs démarches d'adoption d'actions humanitaires.
Les familles doivent s'adapter à une géographie de l'adoption et des critères qui évoluent en permanence.
M. Colombani est père de cinq enfants dont deux adoptifs. |