Nicolas Sarkozy va procéder "dans les jours" qui suivront le second tour des municipales à de "légers ajustements"
Des "ajustements" qui concerneront sa communication et le gouvernement, a-t-on appris vendredi dans son entourage. Il n'y aura pas de remaniement.
Le chef de l'Etat ne devrait donc rien "changer en profondeur". Le but affiché restant le même: accélérer les réformes en 2008.
Celles-ci devraient notamment concerner la "modernisation de l'économie", le dossier des retraites, celui de l'assurance maladie et les institutions.
Quid au gouvernement ?
Aucun ministre (à l'exception du secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Christian Estrosi, s'il est élu à Nice) ne devrait sortir quitter le gouvernement au lendemain du scrutin. D'autant
que sur les 24 membres du gouvernement engagés dans les municipales, 14 ont été élus ou réélus dès le premier tour, dont le premier d'entre eux, François Fillon. Nicolas Sarkozy a voulu y voir un "encouragement" à sa politique. Il "n'a pas besoin d'utiliser la carte du remaniement maintenant. Il l'utilisera une fois, peut-être deux, au cours de son quinquennat", affirme un ministre de ses amis.
Trois jours avant le premier tour, le locataire de l'Elysée avait lui-même dit dans "Le Figaro" vouloir "mettre un terme à cette maladie française qui consiste à changer de ministres tous les six mois". "Cela donne le tournis et une grande impression de légèreté", ajoutait-il. "Avant la présidence française de l'Union européenne [second semestre 2008], il n'y a pas d'intérêt à bouleverser un gouvernement qui a pris des habitudes de travail avec ses collègues européens", plaide un de ses proches à l'Elysée.
Un seul ministre a dores et déjà annoncé qu'il démissionnerait s'il était élu dimanche: Christian Estrosi (Outre-mer), candidat à la mairie de Nice. Ce proche de Nicolas Sarkozy doit affronter un second tour alors que certains sondages le donnait élu au premier tour. Deux noms circulent pour le remplacer: Alain Marleix (actuellement secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants) ou Dominique Paillé, secrétaire général adjoint de l'UMP et conseiller à l'Elysée.
Trois secrétariats d'Etat devraient être créés, peut-être quatre: Economie numérique, Grand Paris, Industrie, Aménagement du territoire. Ce dernier pourrait échoir à Michel Mercier, président du Modem au Sénat.
Et "l'ouverture" que Nicolas Sarkozy continue de revendiquer ? Ce dernier avait lui même dit, dans une interview au "Parisien", qu'il se verrait bien travailler avec Claude Allègre,
titulaire de portefeuille de l'Education nationale dans le gouvernement de Lionel Jospin. Finalement, on ne lui aurait "rien proposé", selon des ministres.
Ces dernières semaines, des rumeurs affirmaient que le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), pourrait lui aussi entrer au gouvernement. Des rumeurs que l'on n'entend plus.
Le départ du porte-parole
Des changements sont également prévus au niveau de la communication, où "la fonction de porte-parole sera redistribuée". Une chose semble acquise: au centre d'un psychodrame électoral à Neuilly-sur-Seine, ancien fief électoral de Nicolas Sarkozy, l'actuel porte-parole, David Martinon, devrait quitter ses fonctions. Il pourrait être nommé consul à New York, affirme "Le Parisien".
Selon la même source, Franck Louvrier, conseiller pour la communication et la presse, va avoir un rôle accru. Il s'occupera, au plan national, du "quotidien", a-t-on précisé de source proche du président. "Pour tout le reste", la fonction de porte-parole sera assurée par Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, et Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Jean-David Levitte sera chargé plus particulièrement des questions internationales, a-t-on également indiqué de même source. Il n'y aura plus de point de presse hebdomadaire, comme David Martinon en faisait, habituellement le jeudi.
Prendre de la hauteur
"Cela fait un moment que Nicolas Sarkozy est dans l'après-élection. Il est assez pressé d'aller vers une nouvelle étape", estime un haut responsable de l'UMP, proche du chef de l'Etat. L'agenda du chef de l'Etat, la semaine prochaine, illustre déjà cette volonté de changer de registre.
La mort du dernier combattant français de 1914-1918, Lazare Ponticelli, lui offre l'occasion d'un hommage aux "poilus" de la Grande Guerre, qui l'occupera une grande partie de lundi. Le lendemain, il prendra physiquement et symboliquement de la hauteur en se rendant au plateau des Glières (Haute-Savoie), pour un hommage aux maquisards de la Seconde guerre mondiale. Il achèvera la semaine en assistant vendredi à Cherbourg au lancement du dernier né des sous-marins nucléaires lance-missiles français, fer de lance des forces de dissuasion de la France. Une façon de renouer avec des thèmes fédérateurs, et une défense et illustration de "l'identité nationale" dont il avait fait un des principaux arguments de sa campagne en 2007.
Désormais, croit savoir "Le Monde", Nicolas Sarkozy devrait faire une ou deux visites de terrain par semaine, "consacrée le plus souvent aux sujets régaliens".
Sarkozy: vers un changement de style ?
Le résultat des municipales pourrait aussi avoir des conséquences non négligeables sur le style du chef de l'Etat. "'L'ajustement', comme on l'appelle à l'Elysée, a déjà commencé par de petites touches", croit savoir "Le Monde".
Exemple, cité par le quotidien: "Une table ronde, à Toulon, moins expédiée que d'habitude, l'absence des Ray-Ban sur les photos de son voyage en Afrique du Sud, la quasi-disparition des clichés de jogging et du gros chronographe à son poignet. Au Tchad, le chef de l'Etat, qui aime passer du coq à l'âne, a prévenu la presse avant son briefing: 'Je ne répondrai qu'aux questions ayant trait à ma visite'.