L'ancien Premier ministre rejette les arguments avancés par le chef de l'Etat pour justifier la hausse de son salaire
Dans un entretien mardi au Parisien/Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy avait expliqué vouloir aligner ses émoluements sur ceux du locataire de Matignon. Il avait affirmé : "Qui a fixé le salaire du Premier ministre ? Lionel Jospin."
"C'est faux", réplique celui-ci dans une lettre jeudi au même journal, car son salaire "était fixé par décret" présidentiel.
A l'automne 2007, la hausse substantielle du salaire de Nicolas Sarkozy, censé s'aligner sur le traitement du Premier ministre, avait provoqué l'émoi d'une partie de l'opinion publique, relayée par des critiques virulentes à gauche.
Rappel des propos de Sarkozy dans Le Parisien Mardi, dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, et alors que sa cote de popularité est en chute depuis quelques semaines, Nicolas Sarkozy s'est lancé dans un argumentaire sur son salaire. Il a expliqué qu'il a voulu "gagner exactement comme le Premier ministre", soit "19.177 euros", tandis que Jacques Chirac en gagnait "20.000", cumulant 10.000 euros de salaire comme président et "toutes ses retraites". "Qui a fixé le salaire du Premier ministre ? Lionel Jospin. Quand Lionel Jospin dit que le Premier ministre doit gagner 20.000 euros, il n y a pas de polémique parce qu'il est de gauche", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Et on dit : 'Sarkozy augmente de 140% son salaire!'. Où ont-ils vu ça ?"
La mise au point de Jospin dans Le Parisien Lionel Jospin affirme que Nicolas Sarkozy a "malheureusement fondé son argumentation sur deux contrevérités" : "Il a prétendu que j'aurais fixé moi-même le salaire du Premier ministre (c'est-à-dire mon propre salaire). C'est faux. Mon traitement était fixé, comme celui des ministres, par décret du président de la République." Lionel Jospin poursuit : Nicolas Sarkozy "a affirmé que ce montant était de 20.000 euros. C'est encore faux." Il explique ensuite qu'à son arrivée à Matignon en 1997, son salaire était de "59.000 F net (indemnités comprises) soit 9000 euros", et non pas le chiffre de 20.000 euros. "Ensuite, et jusqu'à mon départ en 2002, ce traitement n'a progressé qu'au rythme des augmentations opérées dans la Fonction publique." |