Corinne Caspar et son demi-frère Thierry Beille ont été condamnés à 24 ans de prison pour le meurtre d'André Le Floc'h
Le tribunal portugais de Lagos les a jugés coupables de meurtre avec préméditation, vol et tentative de dissimulation de cadavre. La victime âgée de 67 ans avait été retrouvée, morte et ligotée, en août 2006 à bord de son trimaran naufragé, "Intermezzo".
Le procès des deux Français s'est tenu en octobre et en novembre à Lagos.
Vendredi, l''audience a été émaillée d'incidents, les deux accusés ayant dû être évacués à deux reprises de la salle d'audience, après s'être levés pour crier leur innocence.
Thierry Beille, 52 ans, et Corinne Caspar, 49 ans, domiciliés en Espagne, près de Valence, avaient été repêchés dans la nuit du 17 au 18 août 2006 dans un canot près de l'Intermezzo , le trimaran de Le Floc'h qui, pris dans une tempête, avait chaviré. Par la suite, ils avaient été accusés d'homicide volontaire, vol, profanation et dissimulation de cadavre. Ils risquaient jusqu'à 25 ans de prison.
Le procès avait débuté le 24 octobre à Lagos, au sud du Portugal, suspendu le jour-même, pour reprendre le novembre. Dans son réquisitoire, le procureur de la République José Magalhaes e Menezes avait dénoncé la "froideur" des accusés et réclamé "une peine suffisamment lourde pour les faire réfléchir à la gravité de leurs actes".
D'après le rapport d'autopsie, André Le Floc'h est mort par strangulation et a été ligoté post mortem.
Sophie Caspar avait raconté sa version Mercredi 24 octobre, jour du début du procès, Corinne Caspar a dénoncé "une sordide mise en scène de la police", dans une lettre adressée à RTL. "Il n'y a jamais eu de meurtre ni d'intention de faire du mal à qui que ce soit." L'accusée ajoutait qu'André le Floc'h "était devenu fou (...) Il m'a agressée sexuellement et a menacé de nous tuer mon frère et moi. Qu'auriez-vous fait à notre place", a-t-elle demandé a plusieurs reprises, selon la radio.
"Nous l'avons simplement attaché pour l'immobiliser, c'était de la légitime défense", insistait-elle dans cette lettre, affirmant que si l'enquête montrait que le corps du skipper avait été lesté pour couler en pleine mer, c'est qu'il s'agissait d'une "affreuse et sordide mise en scène des policiers". André Le Floc'h "était encore vivant au moment du naufrage, nous avons tout fait pour le sortir du bateau...", clamait-elle encore.
| Retour sur l'affaire | |
Sophie Caspar et Thierry Breille avaient été mis en examen à la suite de la découverte du corps d'André Le Floc'h à bord du trimaran battant pavillon belge, sur lequel ils avaient embarqué et qui avait chaviré dans une tempête au large du cap Sao Vicente, à l'extrême sud-ouest du Portugal.
Le skipper, vivant en banlieue de Nantes, décrit comme un aventurier solitaire amoureux de la mer, avait été retrouvé pieds et poings liés, lesté d'une ceinture de plomb et présentant des lésions à la tête et au cou provoquées, selon les enquêteurs, par une agression.
Les deux accusés avaient pour leur part été repêchés sains et saufs dans un canot de sauvetage près de l'Intermezzo après le naufrage. Ils n'avaient pas tout de suite signalé l'existence d'un troisième occupant. Ensuite, ils avaient expliqué qu'André Le Floc'h avait tenté de violer Corinne Caspar, et qu'ils avaient dû l'attacher à la suite d'une bagarre. |
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