Les plus pauvres ont de plus en plus de mal à se faire soigner en France, constate Médecins du Monde par Anne BRIGAUDEAU C'est une des principales conclusions du rapport 2007 de l'association sur "L'accès aux soins des plus démunis en France", rendu public le 15 octobre.
Interview ci-dessous de Nathalie Simonnot, en charge des programmes France de Médecins du Monde, et gros plan sur des chiffres et des situations accablantes. "Aucune amélioration des soins aux plus précaires" Interview de Nathalie Simonnot, en charge des programmes France de Médecins du Monde
Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans la situation actuelle ? C’est de voir qu’il n’y a aucune amélioration des soins aux plus précaires, mais un durcissement des pratiques administratives et législatives qui rendent plus difficile l’accès aux soins.
On demande aux plus démunis, qui sont souvent des étrangers, des preuves toujours plus "prouvantes" de domiciliation, de multiples factures d’électricité ou de téléphone, alors qu’ils sont souvent dans une situation précaire, hébergés par un tiers, donc ne possédant pas eux-mêmes les papiers ou les factures demandés.
On va désormais à rebours du principe de base de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Cette loi avait été conçue sur une présomption de droits : on supposait à priori que chacun a droit a une couverture maladie. Aujourd'hui, on est revenu à cette vieille pratique française, la présomption de fraude. Il y a désormais toute une série d’attaques contre la Couverture maladie universelle, l’état d’esprit a changé. Quand on commence à penser que tous les problèmes en France sont dûs aux étrangers, cela entraîne des façons de faire qui vont à l’encontre des soins. |