Les sapeurs-pompiers de France tiennent leur 114e congrès jusqu'à samedi à Clermont-Ferrand
La Fédération (FNSPF) a réalisé un document, "Sauver le secours à personnes", qui dresse un tableau alarmant des dysfonctionnements et avance des idées pour mettre le système français au niveau de la plupart de ses voisins européens.
Les médecins urgentistes se sont dits "choqués", qualifiant certains propos de "provocations" après sa publication.
Les propos du colonel Richard Vignon, président de la FNSPF, sont "choquants et nous montrent du doigt d'une manière un petit peu déloyale", a déclaré à la presse le président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuf), Patrick Pelloux. "Sur le terrain, les urgentistes et les sapeurs-pompiers travaillent très bien ensemble au service de la population", a-t-il ajouté.
Le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France en avait auparavant appelé aux responsables politiques pour fixer un cadre clair à l'organisation des secours afin de mettre fin aux "guéguerres" entre le Samu et les pompiers.
"J'ai le sentiment que Nicolas Sarkozy va venir jeter les lignes directrices de ce qu'il entend réformer dans ce domaine et même y apporter un calendrier", a affirmé à l'AFP le colonel Richard Vignon, président de la FNSPF. Le président Sarkozy clôturera ce congrès samedi où sera également présente la ministre de tutelle, Michèle Alliot-Marie (Intérieur).
Le secours à personnes a représenté 2,8 millions d'interventions en 2006 (+180% en 13 ans), soit 70% des sorties des 252.400 pompiers. Cette tendance s'inscrit dans un contexte de demande de soins accrue d'une population vieillissante, doublée d'une diminution du nombre de médecins disponibles et assurant des gardes. Résultat des tensions sur le terrain entre Samu (les "blancs", le "15") et les pompiers (les "rouges", le "18").
"Il manque dans notre pays un cadre précis qui définisse ce que l'on attend d'un service public et qui permette qu'on applique des règles!", a expliqué le colonel Jean-François Schmauch, auteur d'une thèse comparative de différents systèmes de secours.
Forts de leur maillage territorial (8.100 centres), de 10.000 infirmiers et médecins, de compétences d'intervention dans des conditions difficiles (désincarcération, montagne, gouffre...) et d'une culture de la crise, les sapeurs-pompiers revendiquent de former "la colonne vertébrale" des secours, qu'il est impératif de simplifier.
Le numéro d'appel européen 112 pourrait devenir le seul numéro de secours, déclenchant l'envoi des pompiers si le motif est urgent ou semble l'être. "Le doute doit bénéficier à la victime", insiste la Fédération.
Il faut pouvoir déclencher les secours les plus proches et hormis leur maillage terrestre, les pompiers recommandent d'augmenter le nombre d'hélicoptères (la France en a 66 quand l'Allemagne en dispose de 87) afin qu'aucun ne soit à plus de 20 minutes de vol de son voisin.
Une fois au chevet de la victime, les pompiers estiment être les mieux placés pour adapter le dispositif, sans avoir à faire de rapport au "15": les secouristes pourront être renforcés par un infimier voire un médecin mais pas tout le temps. "Il est essentiel de ne ne jamais oublier que 5% des interventions seulement nécessitent une médicalisation".
La sécurité des personnes étant une mission régalienne, les autorités de tutelle sont invitées "à se saisir du dossier". |