La question de la commercialisation de semences modifiées "n'est pas tranchée"
C'est ce qu'a affirmé le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, à la suite d'une information du "Monde" selon lequel le gouvernement français s'oriente "vers la fin des cultures OGM".
"Seules les plantations à but scientifique seraient encore autorisées", précise le quotidien.
"Sur les OGM tout le monde est d'accord: on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque", a déclaré au "Monde" le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo. En août, il avait promis l'adoption d'une nouvelle loi sur les organismes génétiquement modifiés et la création d'une Haute autorité indépendante pour en évaluer les risques.
Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a, lui, fait sa déclaration devant le congrès des céréaliers et des producteurs d'oléagineux. Le débat sera tranché par l'Elysée après le "Grenelle de l'Environnement", croit savoir l'AFP.
Le sort des OGM fait l'objet d'un intergroupe de travail spécifique dans la préparation du Grenelle. Il réunit notamment les semenciers, les agriculteurs, les experts et les associations, tant le sujet est sensible. Le consensus qui se dégage, selon les représentants d'associations et les experts, porte sur l'incapacité à garantir la non contamination des champs non OGM par les cultures génétiquement modifiées, quelle que soit la distance de sécurité retenue.
Selon "Le Monde", cet argument précis conduirait le gouvernement à la prudence.
Réactions L'information du quotidien a provoqué de vives réaction au congrès des céréaliers réunis à Tours. "Si l'information est confirmée, est-ce que la profession agricole a besoin de continuer à participer au Grenelle de l'Environnement. C'est tout le problème de la recherche française qui est posé", a déclaré le président de l'Association générale des producteurs de blé, Philippe Pinta.
Pour France Nature Environnement, un gel de la commercialisation des semences OGM "permettrait de débloquer le dossier".
L'éventualité d'un gel de la commercialisation de ces semences "ressemble beaucoup à un coup politicien", selon le député vert Noël Mamère. |