Le XV de France s'est incliné (17-12) devant l'Argentine vendredi en ouverture de la Coupe du monde.
En dépit de leur domination dans la conquête, les Français se sont montrés incapables d'imposer leur rythme face à des Argentins qui ont su faire preuve d'efficacité. Les hommes de Laporte, obnubilés par le jeu au près, ont affiché des lacunes offensives qu'ils devront corriger pour éviter une élimination prématurée.
Les tricolores, qui avaient fait leur marque de fabrique de leur esprit "spartiate", ont pour le coup livré une partie pour le moins spartiate, sans relief ni fioriture, pensant que le combat pouvait suffire à prendre des points. Ils se placent de fait dans une position délicate dans les matches à venir, et il leur faudra impérativement comprendre que la solution passe par des exercices au large, et une véritable libération du jeu.
Les Argentins plus vite dans le match
Les Argentins entraient tambour battant dans la partie, mettant la pression sur le camp français. Sous la houlette de Pichot, dans son rôle d'organisateur, les Pumas profitaient d'une pénalité généreuse accordée par l'arbitre anglais, M.Spreadbury, pour un ballon tardant à sortir. Contepomi convertissait l'occasion (3-0, 5e). Mais les Français revenaient au score dans la foulée, sur une pénalité de Skrela (3-3). Dans ce jeu de gagne -terrain, marqué par la fébrilité, les Argentins s'accrochaient à la possession. Et faisaient valoir leur supériorité dans l'agressivité de ce début de match, en inscrivant 3 nouveaux points sur une nouvelle pénalité de Contepomi (6-3, 10e).
Les Argentins mettaient une pression certes débridée mais plutôt efficace, face à des Français qui ne parvenaient pas à extraire rapidement le ballon, serrés de près par des Pumas dynamiques. Mais les Bleus veillaient malgré tout au grain, et sa présence physique lui permettait de limiter les dégâts. Les Argentins se contentaient de jouer à leur rythme, en mettant quelques intéressantes accélérations, face à des Français fébriles, hésitants, qui ne parvenaient pas justement à hausser ce rythme, alors que c'était là leur salut.
La mêlée bleue tenait pourtant la baraque mais la fougue argentine poussait une nouvelle fois les Français à la faute; une faute que Contepomi convertissait une nouvelle fois (9-3, 23e). Les Pumas imposaient leur rythme et les Français se montraient incapables de changer la donne, subissant le jeu. Ils jouaient petit sur des zones de récupération, et lors d'une rare relance, une mauvaise passe de Rémy Martin était interceptée par Corleto, qui prenait toute les lignes défensives françaises en défaut et allait déposer le ballon dans l'en-but. (14-3, 28e).
Piqués au vif, les Français tentaient de se remettre dans la partie, et revenaient sur une pénalité de Skrela, mais Contepomi l'imitait dans la foulée (17-6). Les Français devaient se contenter de rester au contact, en poussant, sur des relances au ras, les Argentins à passer illicitement la ligne d'avantage. Skrela en profite pour prendre trois poins supplémentaires (17-9, en faveur de l'Argentine à la pause). Les Bleus rentraient au vestiraire avec une forte déception logique, celle d'avoir perdu des ballons et offert les points à leurs adversaires.
Les Français désenchantés
A leur retour sur la pelouse, et sans doute après une bonne "soufflante" de Bernard Laporte, les Français revenaient avec d'autres intentions. Mais les intentions n'étaient pas couronnées de succès, les belles actions bleues, échouant essentiellement du fait d'une très mauvaise gestion du jeu. Alors que la mêlée poussait les Pumas dans leurs retranchements, les Bleus usaient et abusaient du jeu au ras, alors que les espaces se libéraient au milieu. Mais encore une fois mal inspirés, les hommes de Laporte se heurtaient, par manque d'imagination et par leur incapacité à accélérer, à la défense physique des Argentins, sans grand génie, mais faisant preuve d'une ligne tactique dont ils ne déviaient pas.
Une pénalité relativement facile, après un beau travail du pack pour mettre les Pumas hors jeu, n'était pas de nature à redonner de la confiance aux tricolores. Pourtant, les Bleus ne lésinaient pas dans leurs efforts, notamment devant, avec un énorme travail pour mettre les Argentins sur le reculoir. Une nouvelle poussée remettait les Pumas à la faute, et cette fois, Skrela inscrivait 3 points (17-12). Mais la tension demeurait palpable. Les Argentins jouaient avec intelligence, en se mettant systématiquement entre deux Français, à la limite de la faute, et les tricolores tombaient dans le panneau.
Beaucoup trop de ballons perdus, beaucoup trop d'approximation, et la France se mettait en difficulté, alors que les Argentins étaient au bord de la rupture, physiquement marqués. Mais les Français, dénués de sens tactique, vraiment mal inspirés, au point que l'on peut se demander ce qu'ils ont pu faire durant deux mois dans leur camp retranché de Marcoussis, si ce ne fut soulever de la fonte, se perdaient dans des actions désespérées et désordonnées.
Les Argentins, nettement moins bons et beaucoup plus secoués physiquement, plus roublards, avec davantage de volonté et d'intelligence stratégique, obtenaient finalement un petit mais précieux succès (17-12) qui les mettaient dans une position très favorable pour la suite du tournoi. Alors que les Français, bien trop tendus et maladroits durant toute la rencontre, tombaient de leur piédestal de favoris. Ils vont devoir se recentrer sur leur prochain rendez-vous, sous peine de connaître une cuisante déception |