Plusieurs centaines de voyageurs du RER B ont été bloqués à Saint-Denis une partie de la nuit de jeudi à vendredi
Le trafic a été interrompu jeudi soir en fin de soirée suite à un incendie dans un camp de gens du voyage jouxtant les voies, près du Stade de France.
Bloqués sur les voies, les voyageurs ont rejoint à pied la gare où ils ont dû attendre jusqu'à l'aube. Une pétition de protestation a été signée par 100 personnes et portée au siège de la SNCF.
Selon des témoignages, les voyageurs se sont retrouvés "sans aucune assistance ni renseignements".
L'incendie, sur lequel les pompiers sont intervenus de 23h30 à 1h00, a détruit une vingtaine de caravanes. Il "s'est produit à un endroit où passe un pont métallique" de la SNCF, "des câbles et des traverses ont brûlé", a précisé le directeur régional de la compagnie ferroviaire pour l'Ile-de-France, Christian Cochet.
Christian Cochet a présenté ""toutes les excuses de l'entreprise pour cette gêne", parlant d'un "concours de circonstances exceptionnelles" et rappelant que l'incendie n'avait "rien à voir avec la SNCF". L'attente des passagers "a été évidemment beaucoup trop longue, les bus sont arrivés beaucoup, beaucoup trop tard aux yeux de ceux qui attendaient. Mais on ne trouve pas comme cela des bus et des chauffeurs à 1h30 du matin"
Comme le courant électrique a été coupé à la demande des pompiers, un train s'est trouvé arrêté entre les gares de la Plaine-Stade de France et La Courneuve, a expliqué Christian Cochet. Il a semblé "préférable de permettre aux voyageurs de revenir à pied à la gare, distante de 300 mètres, que de rester dans le train", a-t-il argumenté.
Interrogé sur les conditions de sécurité des gens marchant sur les voies, le responsable a assuré qu'il n'y avait aucun risque: "il n'y avait pas d'électricité, donc pas de train qui circulait".
La "galère" pour les passagers
Vendredi 29 juin, 5 heures. Un train arrive en gare à la station La Plaine-Stade de France à Saint-Denis où attendent depuis minuit plus de 200 voyageurs du RER B qui ont le sentiment d'avoir été oubliés par la SNCF.
"La SNCF nous a délaissés !" s'énerve Estelle A., 23 ans, qui vient juste de monter dans le train tant attendu, dans l'aube fraîche de la banlieue nord de Paris. La jeune salariée, comme ses compagnons de galère, s'est retrouvée bloquée entre deux gares (la Plaine Saint Denis et La Courneuve) jeudi soir vers 23h30 en raison d'un incendie. Un campement de caravanes de gens du voyage a flambé, sans faire de blessé, obligeant à couper le courant de la ligne B du RER toute proche.
"Vers minuit et demi, on nous a fait descendre sur les voies et nous avons marché entre les rails" jusqu'à la station La Plaine-Stade de France, raconte Estelle, jointe par téléphone. "J'étais stupéfaite, imaginez un train rempli (huit wagons) qui marche sur les voies pendant environ dix minutes pour arriver au quai de gare", s'étonnait encore Joëlle N., 27 ans. Cette jeune femme employée dans l'hôtellerie, qui assure que cette scène surréaliste a été prise en photo, et peut-être même filmée, par des voyageurs.
"Nous étions dans le froid, la salle d'accueil était fermée", affirme Christophe Lugari, un enseignant de Moulins (Allier) venu en stage à Paris et qui tentait de regagner son hôtel en banlieue. Les travailleurs du soir côtoyaient des touristes japonais. Ainsi qu'une chorale composée d'une trentaine de jeunes Irlandais, encadrés par des adultes, qui ont réchauffé l'atmosphère au beau milieu de la nuit en improvisant un concert, selon Christophe Lugari.
Les témoignages soulignent le défaut d'accueil en gare ainsi que le manque d'information. Des bus ont ainsi été annoncés: ils ne sont jamais arrivés. "Un maître-chien a été humain, il nous a ouvert les toilettes du personnel", note toutefois Joëlle N., qui n'a regagné son domicile du Vert-Galant qu'à 6h00, après une journée en horaire décalé.
Celle-ci a parle de la SNCF comme d'un "service public défaillant pour la banlieue et surtout pour le 9-3". "Y'a trop de retards sur cette ligne, trop d'injustices, habiter en banlieue, on le paie au quotidien! Un incendie, ça peut arriver mais c'est la goutte d'eau de trop", dénonce-t-elle |