Jean-Louis Borloo a présenté vendredi son ministère "révolutionnaire", le "Medad" Le nouveau ministre de l"Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables a estimé qu'une énorme réforme de l'Etat avait été nécessaire pour placer les directions de l'eau, de l'énergie, des transports, des routes de la mer, de l'urbanisme, de l'habitat sous un ministère commun.
"Mener la révolution écologique ne sera pas simple",a-t-il dit.
Le Medad (initiales de l'intitulé du ministère) aura "une capacité d'influence, voire d'autorité, sous l'autorité bien sûr de celle du Premier ministre, sur l'ensemble des actions menées par les différents ministères".
Il sera organisé autour de cinq pôles: lutte contre le réchauffement climatique, transports, biodiversité, aménagement durable de l'espace, et prévention des risques techniques et sanitaires.
Sur la méthode, Jean-Louis Borloo a indiqué être "un obsédé des programmes" et vouloir "procéder avec la même méthode que pour la mise en oeuvre de son Plan de cohésion sociale, avec des objectifs et des sous-objectifs quantifiés et des comités de suivi et d'évaluation".
"Ce n'est pas seulement un super-ministère", ni "simplement d'un regroupement": il s'agit "vraiment sans concession de permettre à l'action publique d'être exemplaire, de fixer le cadre et d'avoir tous les moyens pour mener à bien" notre politique, a-t-il assuré.
Quant au mode d'action choisie, M.Borloo souhaite incarner "un ministère de la réconciliation responsable" plutôt qu'un "ministère des tensions", pour parvenir à imposer les considérations écologiques au coeur de l'action du gouvernement.
"Tous les anciens ministres de l'Environnement l'ont rêvé, le président de la République (Nicolas Sarkozy) et le Premier ministre (François Fillon) l'ont fait et nous l'ont confié", a renchéri la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. L'autre secrétaire d'Etat placé sous l'autorité de M. Borloo , Dominique Bussereau, en charge des Transports, était absent en raison d'un empêchement.
Audit thermique des bâtiments publics Jean-Louis Borloo a promis l'exemplarité de l'Etat et, pour commencer, un audit de tous les bâtiments publics pour en vérifier le bilan énergétique. "Le chantier thermique sera un des grands chantiers".
Dans sa conférence de presse, le ministre, âgé de 58 ans, M. Borloo s'est également attardé sur les grandes échéances internationales, notamment pour conforter la lutte contre le réchauffement climatique. Le protocole de Kyoto, a-t-il rappelé, expire fin 2012 et son avenir commencera d'être dessiné à Bali, lors de la conférence climat de l'Onu en décembre.
"Après Bali ce sera Poznan (Pologne): la France sera alors présidente de l'Europe et 2008 devra marquer une avancée majeure", a-t-il insisté, plaidant pour une "présidence française exemplaire" à la tête de l'UE.
Un premier projet a été porté sur les fonds baptismaux par M. Borloo et Mme Kosciusko-Morizet. Ils ont signé le décret portant la création du Parc naturel d'Oroise, afin de lutter pour la biodiversité. Premier du genre --en gestation depuis 1999-- il assure la protection de 3.500 km2 à la pointe Bretagne, entre les îles d'Ouessant et de Sein. |