L'ancien premier ministre, qui quitte le Bureau national du PS, a appelé jeudi à une "refondation" de son parti
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Il a suggéré aux socialistes de "se poser trois questions" : celles des valeurs, des propositions, de l'organisation.
"Les valeurs, elles sont en ligne avec le monde qui vient", a-t-il estimé en citant "la laïcité, l'internationalisme et la solidarité. En revanche, sur les propositions, il y a "énormément, énormément à changer".
Laurent Fabius a notamment cité "le rôle de l'Etat", "l'Europe", "l'écologie" comme domaines sur lesquels le PS doit travailler.
Quant à "l'organisation" du parti, il a indiqué que pour un PS "autour de 35%", il lui faut être "beaucoup plus ouvert en terme d'origine, de parité".
Il a notamment estimé que le PS devrait "revisiter le dossier des 35 heures". "L'idée de modifier la durée du travail est juste historiquement, la façon dont cela a été fait est contestable", a-t-il estimé.
Laurent Fabius, qui a annoncé jeudi matin son départ du Bureau national du PS, entend rester "très actif" au sein du PS. Il faut "renouveler" a-t-il expliqué.
Dominique Strauss-Kahn, député du Val-d'Oise, avait fait part tout récemment de la même décision.
Fabius juge l'échec de Ségolène Royal
L.Fabius estime qu"'un triple déficit est apparu : présidentialité, crédibilité, collégialité" dans la campagne de Royal.
"Quand notre candidate a été désignée par les militants, elle remportait jusqu'à 55 % des suffrages dans les sondages et ceux-ci ont d'ailleurs pesé lourd dans sa désignation. Il est malheureux qu'à l'issue de la campagne, le score soit tombé à 47 %", affirme l'ancien premier ministre dans un entretien au "Monde" daté jeudi.
A la question "Pensez-vous que l'élection présidentielle était imperdable", Laurent Fabius répond : "Rien n'est jamais gagné à l'avance, mais je crois, oui, que la victoire était possible. M. Sarkozy a été élu en définitive sur un critère décisif : il a été jugé plus capable de présider le pays que Ségolène Royal."
Le député de Seine-Maritime ajoute: "Il faut expliquer cet échec, non le nier. Car, d'une part, le bilan du gouvernement sortant était jugé médiocre et le candidat de droite en était le pivot; d'autre part, le moment était favorable à la gauche, si l'on en juge par les mobilisations sociales puissantes de la période et les thèmes prioritaires dans la population – emploi, école, logement, santé, environnement".
Quant aux tensions qui secouent le PS, Fabius entend continuer "à me tenir à l'écart des déclarations quotidiennes contradictoires des uns et des autres. Je serai un sage actif". |