Le chef de l'Etat s'est prononcé samedi en faveur d'une "vraie politique industrielle européenne"
Au salon du Bourget, il a également réclamé "la réciprocité" aux Etats-Unis et à la Chine en matière d'accès au marché. Le chef de l'Etat a souhaité "remettre à plat" les programmes militaires français.
Nicolas Sarkozy a aussi annoncé son intention d'augmenter d'un quart le financement de la recherche publique.
Dans son discours, le président de la République s'est prononcé pour une rationalisation des programmes d'armements européens. Il a notamment jugé que l'Europe ne peut pas "se payer le luxe" de les dupliquer comme c'est actuellement le cas.
En ce qui concerne l'industrie, il a déclaré: "Vous voulez que nous ouvrions nos marchés, nous les ouvrirons à la minute où vous les ouvrirez" et "nous déferons nos barrières tarifaires à la minute où vous abaisserez les vôtres".
"On ne peut plus continuer à imposer le dumping social, environnemental, fiscal, monétaire", a-t-il poursuivi.
Le chef de l'Etat s'est prononcé en faveur d'une "vraie politique industrielle européenne qui ne serait ni opposée ni subordonnée à la politique de concurrence, mais fondée sur le principe d'un intérêt européen commun". Il a cité "l'approvisionnement énergétique, les grands programmes de recherche et l'industrie de défense".
Réformer les choix de polique militaire
Un autre thème a été abordé par le chef de l'Etat, celui des programmes militaires français. Il a demandé une "remise à plat" des programmes militaires français, y compris ceux déjà engagés, avant la prochaine loi de programmation militaire.
Selon lui, l'effort d'équipement de la France, malgré le salutaire redressement opéré par Jacques Chirac, continue de souffrir d'un déficit de maîtrise et d'adéquation avec les missions et les besoins".
Il a ajouté souhaiter "que la préparation de la prochaine loi de programmation militaire soit l'occasion d'une remise à plat des modalités de définition et de pilotage des programmes engagés". "La conception et la présentation de la loi de programmation militaire", doit également changer, selon lui, mettant implicitement en cause le processus de la loi pluri-annuelle de programmation militare.
Il a ajouté souhaiter "que la préparation de" cette prochaine loi "soit l'occasion d'une remise à plat des modalités de définition et de pilotage des programmes engagés".
Recherche publique: effort annoncé Abordant le sujet de la recherche publique dont il proposera "au gouvernement d'augmenter d'un quart le financement en concentrant sur le financement sur projets et non pas sur structure", il a estimé "indispensable de renforcer et pérenniser les pôles de compétitivité" en France au-delà de 2008, "mais pas sans une évaluation précise de l'action de chaque pôle".
Il a estimé "indispensable de renforcer et pérenniser les pôles de compétitivité" en France au-delà de 2008, "mais pas sans une évaluation précise de l'action de chaque pôle". Le chef de l'Etat a par ailleurs souhaité "une politique d'achats publics favorisant l'innovation".
Toulouse: sommet avec Angela Merkel sur Airbus Nicolas Sarkozy a indiqué que le sommet franco-allemand prévu avec la chancelière Angela Merkel aurait lieu le 16 juillet au siège d'Airbus à Toulouse. Les actionnaires d'EADS, DaimlerChrysler et Lagardère ont été invités pour une réunion à cette occasion. "Mon souhait est que ces actionnaires et les deux Etats parlent chacun dans son rôle, mais d'une seule voix, autour d'une stratégie commune pour l'entreprise, sur les sujets essentiels pour son avenir. Je pense d'abord à la gouvernance", a-t-il déclaré, ajoutant qu'"EADS doit devenir une entreprise normale".
L'Etat français est actionnaire du groupe européen EADS à 15%, aux côtés des actionnaires privés Lagardère (15% dont 7,5% en cours de vente) et DaimlerChrysler (22,5% dont 7,5% en association avec des investisseurs financiers allemands).
La taxe professionnelle sur la sellette Le chef de l'Etat a souhaité que soit engagée "une nouvelle réforme ambitieuse" de la taxe professionnelle, pour "alléger la charge qui pèse sur l'industrie et prendre en compte la santé financière de l'entreprise".
"Cette réforme sera un vrai remède anti-délocalisations, avec deux objectifs: alléger la charge qui pèse sur l'industrie et prendre en compte la santé financière de l'entreprise dans le calcul des résultats" a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy a égament abordé le sujet du travail: "Nous ferons la réforme du marché du travail. Jamais le droit du travail n'a été aussi protecteur, et en même temps, jamais les salariés ne se sont sentis aussi exposés à la précarité", a-t-il dit. |