magistrats ont arrêté le travail lundi, malgré l'annonce d'un plan d'urgence pour la sécurité des tribunaux Ils se sont rassembleront en début d'après-midi avec les avocats et les greffiers dans tous les palais de justice du pays.
Le garde des Sceaux, Rachida Dati, avait annoncé vendredi soir le "déblocage immédiat" de 20 millions d'euros après avoir reçu les principaux syndicats de la magistrature, trois jours après l'agression d'un magistrat à Metz.
Les magistrats étaient appelés à se rassembler sur les marches des palais de justice lundi en début d'après-midi. Les organisations d'avocats et les syndicats de greffiers ont déjà annoncé qu'ils se joindraient à l'action.
L'action n'est en revanche pas soutenue par le deuxième syndicat du corps, le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), qui estime que le problème du système judiciaire ne peut se résumer à une question de sécurité.
Pour Emmanuelle Perreux, présidente du SM, "le discours axé sur le seul problème des portiques et de la sécurité est simplificateur". "Il y a la nécessité de s'interroger sur la façon dont on prend en charge les justiciables et notamment les populations les plus fragiles", a-t-elle dit. Le SM réclame donc des moyens supplémentaires pour l'accueil des tribunaux.
Plan d'urgence pour la sécurité La ministre de la Justice, Rachida Dati, a annoncé vendredi le déblocage de 20 millions d'euros pour l'achat de portiques de sécurité et le recrutement d'urgence de personnels pour les faire fonctionner, à la suite de l'agression d'un magistrat cette semaine au tribunal de Metz.
Elle a annoncé aussi que cinq autres millions d'euros seront débloqués pour renforcer, par le recrutement de 500 vacataires, les greffes des tribunaux. La pauvreté du système français, situé dans le peloton de queue des 27 pays européens avec 2,34% du budget de l'Etat en 2007, empêcherait actuellement l'application d'environ un tiers des peines pénales prononcées.
L'agresseure du juge internée L'agresseure du juge pour enfants, Fatiah B., a été internée vendredi à l'hôpital psychiatrique de Jury (Moselle). Cette mère de famille, qui était incarcérée depuis sa mise en examen jeudi pour "tentative de meurtre commise sur un magistrat dans l'exercice de ses fonctions", est décrite comme une femme ayant de "graves problèmes psychologiques".
Elle a porté un coup de couteau au juge pour enfants Jacques Noris, 62 ans, qui venait de prolonger le placement de son fils âgé de deux ans et demi.
Jacques Norris se remettait vendredi à l'hôpital Bon-Secours de Metz où il avait été opéré mardi de ses blessures.
En ce qui concerne la situation des tribunaux, outre le déblocage de l'aide immédiate pour la sécurité, le ministère a promis le "recrutement immédiat de 500 vacataires pour faire fonctionner les greffes", selon Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM). Paris: sur les marches du Palais Environ 250 magistrats, avocats, greffiers et personnels administratifs se sont rassemblés lundi sur les marches du palais de Justice de Paris, en solidarité avec le juge Jacques Noris, poignardé le 5 juin à Metz, a constaté un journaliste de l'AFP. Presque toutes les marches du grand escalier du palais de justice qui abrite à la fois le tribunal de grande instance (TGI), la cour d'appel et la Cour de cassation étaient occupées par des magistrats des trois juridictions, habillés de leurs robes rouges ou noires. "Nos collègues ne supportent plus de travailler dans le risque et dans la précarité, le problème de l'Etat français, c'est, pour les magistrats, les avocats et les personnels administratifs, de ne plus être agressé, de ne pas risquer de prendre un couteau dans le ventre", a affirmé à la presse le secrétaire général du premier syndicat de magistrats, l'USM, Bruno Thouzellier, qui avait appelé à ces manifestations de solidarité. "Aujourd'hui, un musée est mieux protégé qu'un palais de Justice", a-t-il regretté, saluant comme "une première étape", l'enveloppe de 20 millions d'euros débloquée pour la sécurisation des enceintes judiciaires. Le bâtonnier de Paris désigné, Christian Charrière-Bournazel, qui était présent avec plusieurs dizaines de confrères, a indiqué qu'il adhérait "en tous points" avec les propos du secrétaire général de l'USM (Union syndicale des magistrats). "Il est absolument inadmissible que les magistrats qui assurent une mission de service public soient exposés à la violence", a-t-il déclaré.
"Pour autant, il faut faire attention de ne pas bunkeriser la justice", a-t-il ajouté.
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