Cinq ans de prison avec sursis pour une mère de famille ayant étouffé son fils tétraplégique de quatre ans en 2003
Cette condamnation est conforme aux réquisitions de l'avocat général Rémi Coutin à l'encontre de Corinne Teyssedou qui a reconnu avoir tué son enfant un an et demi après les faits et devra se soumettre à des examens médicaux et à des soins.
"Il ne s'agit pas d'un cas d'euthanasie, c'est un infanticide", a-t-il dit devant la Cour d'assises du Lot.
Le magistrat a reconnu que "la vie de cet enfant était un calvaire, mais le geste de sa mère ne peut être accepté par la société". "C'était une mère aimante, présente et investie pour Kevin. Elle était seule, où était son compagnon pour l'épauler? Le père de Kevin était alcoolique et violent", a souligné M. Coutin lors de ce procès qui s'était ouvert mardi.
De son côté l'avocat de cette mère de famille, Damien Thébault, a démandé : "Peut-on condamner une femme comme Corinne qui a tellement aimé son fils?".
Mais pour l'avocat du père, qui s'est porté partie civile avec les autres enfants du couple, Me Christophe Bernabeu, ce crime ne "peut être qualifié de geste d'amour". "Il est question d'un enfant qui avait des difficultés à vivre mais qui éprouvait des petits bonheurs", a-t-il plaidé.
"On ne peut pas tuer un enfant par confort. Nous ne sommes pas sur un cas d'euthanasie, c'est un meurtre", a poursuivi Me Bernabeu.
"Ni regret, ni remords" Un médecin psychiatre à l'hôpital de Cahors, chargé de l'expertise psychiatrique qui l'a examinée deux fois en 2005, note chez elle "une certaine froideur. Elle a projeté sa propre souffrance sur son enfant (...) C'est un acte autolégitimé, donc elle n'éprouve ni regret, ni remords".
Cette mère de famille, originaire de Figeac (Lot), s'était présentée sous la pression d'un ami, en juin 2005 à la gendarmerie pour reconnaître qu'elle avait elle-même étouffé, à l'aide d'un oreiller, son fils Kevin, atteint dès sa naissance d'une maladie encéphalique l'ayant plongé dans un état végétatif complet.
A la mort de l'enfant, l'enquête avait conclu à un décès accidentel et le dossier avait été classé jusqu'aux aveux de la mère, qui s'occupait de Kevin quelques jours par mois. "Le secret devenait trop lourd à porter", avait-elle expliqué au médecin légiste.
Aujourd'hui sous tranquillisants et soignée par un psychiatre, Corinne Teyssedou, 34 ans, ne souhaite qu'une chose: récupérer ses enfants après le procès et ne plus avoir aucun contact avec leur père. Cette mère de quatre enfants écope également d'une mise à l'épreuve de trois ans. |