Audition de Philppe Rondot mardi au pôle financier du Palais de justice de Paris dans le cadre du dossier Clearstream
Le général est entendu sous le statut de "témoin assisté" par les juges d'Huy et Pons dans le cadre de l'enquête sur les listings falsifiés de comptes bancaires de la société Clearstream.
Le militaire est arrivé vers 9h30 au Palais de justice accompagné de son avocat, Me Eric Morain, selon des sources proches du dossier.
Dans ses réquisitions, le parquet avait demandé en octobre le statut de témoin assisté pour le militaire, ancien conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie.
Entendu une première fois le 28 mars 2006 comme simple témoin par les deux magistrats, le général leur avait indiqué avoir été chargé par le Premier ministre Dominique de Villepin d'enquêter sur des comptes présumés apparaissant sur des listings de l'institution financière luxembourgeoise Clearstream.
Ces listings, en réalité des faux, comportaient des noms de personnalités, notamment celui de Nicolas Sarkozy, qui s'est porté partie civile en janvier 2006.
Plus tard, le militaire avait fait machine arrière dans la presse affirmant que M.de Villepin ne lui avait jamais demandé "d'enquêter" sur son rival.
Convoqué devant les juges le 22 mai 2006, il avait refusé de se rendre devant les magistrats et avait été conduit de force dans leurs bureaux après réquisitions du parquet. Interrogé, il avait refusé de répondre aux juges, se bornant à réclamer le statut de témoin assisté.
Quatre personnes sont aujourd'hui poursuivies dans ce dossier sans qu'on sache qui a falsifié les documents et s'il y a eu un commanditaire.
Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS qui a envoyé les listings truqués à la justice et Imad Lahoud, ex-directeur scientifique d'EADS suspecté d'être le falsificateur, ce qu'il nie, ont été mis en examen en juin 2006. Un ex-auditeur d'Arthur Andersen, Florian Bourges, et le journaliste Denis Robert, pourfendeur de Clearstream, l'ont été en décembre.
L'instruction, qui a vu des dizaines d'auditions de témoins et de parties civiles en 2006, semble à nouveau en phase active depuis que la cour d'appel a confirmé le 15 mai les mises en examen de MM.Gergorin, Lahoud et Bourges qui demandaient l'annulation des poursuites. |