"On voit bien quelle est la manoeuvre : très peu de temps, trois semaines avant le premier tour, le souci d'avoir les mains libres au lendemain des élections législatives pour Nicolas Sarkozy", a déploré au micro de France Inter le premier secrétaire du Parti socialiste.
Et de craindre que la droite dispose de tous les pouvoirs en France.
Evoquant les nominations des transfuges socialistes Bernard Kouchner et Eric Besson, il les a qualifiées de "purement symboliques" dans un gouvernement dominé par des ministres de droite.
"Bernard Kouchner est un ministre des Affaires étrangères réduites à la portion congrue", a dit François Hollande. "C'est Nicolas Sarkozy qui animera, qui décidera, qui organisera la politique étrangère" apoursuivi François Hollande.
S'agissant d'Eric Besson, nommé secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques, François Hollande a estimé qu'il était "secrétaire d'Etat à rien du tout" et qu'il avait été "récompensé".
Quelques heures plus tard, le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray est lui aussi monté au créneau et a qualifié de "manoeuvre", avant les législatives des 10 et 17 juin, l'ouverture du gouvernement.
"Cette manoeuvre a un objectif essentiel, créer une désillusion, créer des confusions, déstabiliser la gauche, créer un doute, la démobiliser pour pouvoir après avoir les mains libres, notamment avec la session extraordinaire qui se prépare à l'Assemblée et qui va être lourde de conséquences", a-t-il dit au Forum de Radio J.
"Ils veulent une gauche très affaiblie au Parlement et dans le pays pour pouvoir passer en force comme ils le veulent, notamment sur la remise en cause du droit social", a-t-il poursuivi.
Quant à Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, il s'est dit très "choqué" par l'attitude des transfuges du PS. "C'est une question de principe et d'éthique", a-t-il dit sur Europe 1.
Hollande est un "bien mauvais perdant" d'après Xavier Bertrand Le ministre du Travail Xavier Bertrand a aussitôt répliqué sur Canal+ et estimé que François Hollande était "un bien mauvais perdant". Il l'a invité à s'occuper du Parti socialiste où "on voit que c'est division, division et re-division".
L'ancien porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a estimé que les dirigeants du PS n'avaient toujours pas tiré les leçons de leur défaite.
"Ce qui s'est passé là montre bien qu'ils sont vraiment dans la difficulté", a-t-il dit, accusant François Hollande de "ne pas parler du fond, de ne pas parler des arguments" et d'"utiliser juste des slogans". |