Martin Hirsch a dit lundi sur France Inter qu'il n'approuverait pas les franchises sur les soins proposées par M.Sarkozy
Pour le Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, l'instauration de franchises sur les soins pour financer la Sécurité sociale n'est pas "une bonne mesure".
M.Sarkozy a proposé quatre franchises non remboursées sur "les premiers euros annuels" dépensés en examens biologiques, médicaments, visites médicales et hospitalisation.
"Est-ce que j'approuverai cette mesure ? La réponse est 'Non'", a averti M.Hirsch. "J'ai dit il y a 15 jours, un mois, deux mois, trois mois que ça ne me paraissait pas une bonne mesure", a-t-il poursuivi. "Je peux être convaincu mais je pense vraiment que ce n'est pas ce qu'il faut faire", a ajouté l'ancien président d'Emmaüs France.
Interrogé sur le fait que l'on puisse "lui reprocher sa liberté de parole", M.Hirsch a répondu: "Peut-être, mais comment voulez-vous faire autrement ?"
En 2004 déjà, l'instauration d'un forfait d'un euro par consultation non remboursé par les complémentaires santé, et un an plus tard, la mise en place d'un forfait de 18 euros pour les actes médicaux d'un montant supérieur à 91 euros dispensés dans les hôpitaux et cliniques privées avaient suscité la colère des partenaires sociaux et des associations d'usagers.
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'est entretenue lundi après-midi avec Martin Hirsch après ses déclarations sur France Inter le matin même. Elle a indiqué qu'elle le reverra "très bientôt pour définir les conditions de mise en oeuvre de cette réforme".
Hirsch définit ses priorités dans "Le Monde"
"Je ne suis ni dupe, ni naïf", a expliqué samedi dans "Le Monde" le nouveau commissaire aux Solidarités actives". Je reste dans l'engagement non partisan qui était le mien jusqu'à présent", a tenu à préciser l'ancien disciple de l'abbé Pierre.
Martin Hirsch ne craint pas la tâche qui l'attend. "J'ai trop bataillé pour convaincre qu'il fallait une réforme des minima sociaux n'opposant plus solidarité et travail pour me défiler quand il s'agit de la mettre en oeuvre", a expliqué le nouveau haut commissaire, qui affirme vouloir peser "à 100%" pour que son projet de "revenu de solidarité active" (RSA) devienne une réalité.
Un dispositif qui remplacerait le RMI, "totalement dépassé" à ses yeux, expliquait-il vendredi: il "enferme les personnes dans des situations d'exclusion du monde du travail et il les maintient dans la pauvreté". "Qu'on soit de droite ou de gauche, je pense qu'on est convaincu qu'on ne peut plus garder" ce système, a-t-il précisé.
Le RSA doit, lui, permettre aux allocataires de minima sociaux et aux travailleurs pauvres d'avoir à la fois un véritable emploi et un salaire, et non "des activités d'intérêt général mal rétribuées et peu gratifiantes", a-t-il déclaré dans "Le Monde".
Bien sûr, ajoute-t-il, "j'ai conscience que, sur un certain nombre de sujets, l'équipe de M.Fillon va agir dans un sens qui ne correspondra pas forcément à mes orientations". "Mais, argumente Martin Hirsch, l'intitulé de ma fonction n'est pas anecdotique : je suis plus dans la position d'un haut fonctionnaire ou d'une autorité administrative que d'un responsable politique."
"J'appartiens certes au gouvernement et suis directement rattaché au premier ministre mais sans avoir le titre de ministre ou de secrétaire d'Etat", ajoute-t-il. "Dans l'histoire de la Ve république, cela ne s'était jamais produit."
Il explique qu'il souhaitait initialement rester à l'extérieur du gouvernement mais que le nouveau chef de l'Etat a fait valoir, lors de leurs entretiens, des "arguments d'efficacité et de moyens" pour le convaincre d'entrer dans la nouvelle équipe gouvernementale.
Le nouveau haut commissaire aux Solidarité actives contre la pauvreté estime que cette "solution d'équilibre" lui permettra d'être "moins impliqué que les autres membres du gouvernement dans les choix politiques" faits hors de son champ d'attributions. |