
Les manifestants, pour la plupart d'extrême gauche, ont défilé bd Saint-Michel avant d'être stoppés près du jardin du Luxembourg par les CRS. A l'issue d'un face-à-face tendu, 118 manifestants ont été interpellés.
Des dizaines de manifestants ont été condamnés à de la prison ferme, mercredi, après les manifestations anti-Sarkozy des derniers jours.
Manifestation à Paris mercredi soir Répondant à l'appel d'organisations d'extrême-gauche, les manifestants, qui s'étaient d'abord réunis place Saint-Michel, dans le VIe arrondissement, ont réussi, en dépit d'importantes forces de l'ordre, à remonter le boulevard Saint-Michel au pas de course. "Police partout, justice nulle part", criaient-ils en passant devant la Sorbonne.
Aux abords du jardin du Luxembourg, ils ont été bloqués par des cordons de CRS. Un face-à-face tendu a eu lieu, les jeunes lançant des projectiles sur les forces de l'ordre.
Tous les manifestants pris en tenaille entre des cordons de policiers "ont été interpellés pour avoir enfreint l'interdiction de manifester au delà de la place Saint-Michel", a dit un policier sur place.
L'objet du rassemblement était initialement de protester contre une manifestation d'extrême droite à Denfert Rochereau, en hommage à un militant mort le 9 mai 1994 alors qu'il tentait d'échapper à la police. Le Scalp, CNT, Sud Etudiant et Alternative Libertaire notamment, déploraient que "le climat actuel offre (à l'extrême droite) une tribune inespérée".
Déclaration du ministre de l'Intérieur
"Cette situation n'est pas acceptable", a déclaré le ministre de l'Intérieur François Baroin, mercredi matin. "Tout ce qui s'est passé dans la rue depuis trois jours, en décrue (...) montre que ce sont des mouvements clairement engagés politiquement, affichés ouvertement d'extrême gauche", a affirmé le ministre, pour qui l'"agitation" de ces militants "n'est pas acceptable" et "ne sera pas acceptée".
Démentant toute "violence policière" et louant a contrario le "professionnalisme" des forces de l'ordre, M. Baroin s'est "félicité" de la réponse judiciaire apportée, y voyant un "message de fermeté".
C'est la première fois qu'une victoire présidentielle entraîne, dès la proclamation des résultats, des manifestations d'hostilité.
292 voitures ont été incendiées dans la nuit de mardi à mercredi, selon la Direction générale de la police nationale (DGPN). 365 véhicules avaient été brûlés dans la nuit précédente et 730 au cours de la nuit du second tour de l'élection présidentielle.
Condamnations à des peines de prison ferme
A Paris, le tribunal correctionnel a condamné mercredi soir deux manifestants qui se trouvaient place de la Bastille dimanche soir, à quatre mois de prison ferme pour avoir lancé des pavés sur les forces de l'ordre.
Le premier des condamnés est un hommme d'une vingtaine d'années, titulaire d'une maîtrise de droit et d'un diplôme d'école de journalisme. Il a été interpellé dans la nuit de dimanche à lundi, avec un pavé dans la main. Au cours du procès, il a nié avoir lancé quoi que ce soit sur les forces de l'ordre.
Le deuxième prévenu, un artiste de rue âgé de 27 ans, a reconnu avoir lancé des pavés sur les policiers mais a fait amende honorable devant le tribunal, assurant s'être aperçu que ce qu'il avait fait "ne servait à rien".
D'autres comparutions sont prévues jeudi, a-t-on précisé de source judiciaire.
7 hommes, âgés de 20 à 35 ans, ont été condamnés mercredi à Bordeaux à des peines de 4 à 6 mois de prison ferme pour avoir jeté des projectiles sur des forces de l'ordre au cours d'une manifestation dimanche après l'élection de Nicolas Sarkozy. Ils étaient poursuivis pour "violences aggravées sur personne dépositaire de l'autorité publique avec arme et en réunion".
Quatre d'entre eux -deux condamnés à six mois de prison, un à cinq mois et un à quatre mois- ont été maintenus en détention. Pour les trois autres -deux condamnés à six mois et un à 4 mois-, le président a laissé "l'exécution de la peine à l'appréciation du juge d'application des peines". Deux des sept condamnés devront en outre verser à deux policiers, cibles de jets de projectiles, 300 euros de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi.
8 autres prévenus qui avaient participé à la manifestation ont comparu librement devant le tribunal et ont été condamnés à des peines de prison avec sursis allant de 3 à 4 mois, parfois assorties de travaux d'intérêt général.
A Toulouse, deux manifestants étudiants ont écopé d'un mois de prison ferme. "La sanction est très dure. De la prison ferme est une peine très lourde pour des faits très isolés pour des personnes étudiantes au parcours exemplaire", a déclaré Me Julien Brel, l'avocat des deux jeunes.
A Charleville-Mezières, deux jeunes majeurs ont été condamnés à six et quatre mois de prison ferme mercredi pour leur participation à des affrontements avec la police dans la nuit de dimanche à lundi.
A Lyon, deux manifestants ont été condamnés à de la prison ferme (6 mois et 3 mois) et deux autres de 120 heures de travaux d'intérêt général.
Au Creusot (Saône-et-Loire), un majeur qui avait été interpellé à la suite de jets de pierre sur un véhicule de police dimanche a été condamné à 6 mois de prison dont 2 ferme. |