Toutes les organisations syndicales confondues ont décidé de faire de ce 1er mai 2007, un moment décisif dans cette campagne de second tour de la présidentielle.
Les manifestants des cortèges syndicaux défileront pour leurs salaires, retraites et emplois, espérant que les duellistes de l'élection à l'Elysée sauront les entendre.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault a appelé cette semaine à "un grand 1er mai " pour que les manifestations marquent le débat présidentiel de leur empreinte.
Le premier syndicat de France, avec la CFDT, a alerté les salariés à plusieurs reprises sur la "vision ultralibérale" d'un candidat, Nicolas Sarkozy (UMP), pour ne pas le nommer.
Les 250 manifestations organisées par la CGT partout en France, autour des questions de salaires, retraites et emplois, voudront
mettre tout leur poids dans la balance, à la veille du débat entre l'ancien ministre de l'Intérieur et la candidate socialiste Ségolène Royal.
Des revendications convergentes mais peu de défilés unitaires
Même si ces cortèges seront ici ou là intersyndicaux, les autres
confédérations n'abordent cependant pas l'échéance sur la même longueur d'onde.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, voit dans les initiatives cégétistes une "démarche partisane" et n'a pas lancé d'appel national à manifester, à l'instar de FO et de la CFTC. Ce qui n'empêchera pas ces syndicats, localement, de s'associer parfois aux défilés unitaires ou d'organiser leurs propres rassemblements.
Le leader cédétiste manifestera à Metz dans un cortège "traditionnel" pour "exprimer les revendications des salariés", au premier rang desquelles "pouvoir d'achat et emploi".
Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, a pour sa part renvoyé dos à dos MM. Thibault et Chérèque, à qui il reproche, pour le numéro un de la CGT, "une consigne de vote" implicite en faveur de Ségolène Royal, et au leader CFDT, de "pencher pour Nicolas Sarkozy". M. Mailly, qui met en avant "l'indépendance syndicale", manifestera à Lille.
De quoi alimenter les regrets de M. Thibault, qui déplore que les cortèges du 1er mai ne soient pas "plus systématiquement unitaires" sur le plan national, et brandit en exemple "le réflexe d'unité" des syndicats de nos voisins européens.
M. Thibault défilera à Paris, de la République à la Nation, dans un cortège associant, outre la CGT, le syndicat étudiant Unef, la FSU(enseignants), l'Unsa (autonomes) et Solidaires (syndicats Sud), trois syndicats dont les militants battront aussi le pavé sur l'ensemble de l'hexagone.
De son côté, la CFTC organisera son propre rassemblement Place de la République, alors que la CFE-CGC se tiendra, comme à l'accoutumée, à l'écart des défilés du 1er mai.