Les enseignants des collèges et lycées organisent aujourd'hui une nouvelle journée nationale d'actions
Outre les habituelles manifestations, les modalités de cette journée diffèrent de d'habitude: ainsi dans les Hauts-de-Seine, des enseignants ont occupé pendant la nuit les lycées Marie-Curie et Lakanal (Sceaux) et Genevoix (Montrouge).
Les professeurs protestent notamment contre la suppression de 5000 postes dans le secondaire.
Ils protestent aussi contre le "décret Robien". Ce texte allonge le temps de travail de certains d'entre eux, sans contrepartie, instaure leur possible bivalence (enseignement de deux matières) et facilite les nominations dans plusieurs établissements. "Notre mission est compromise. La bivalence, c'est l'idée que chacun peut s'improviser prof", explique Annie Montavont, qui enseigne la philosophie au lycée Lakanal de Sceaux.
Dans le même temps, certains établissements ont déclenché une "grève du bac blanc", lancée par plusieurs organisations syndicales. "Celle-ci a parfois été mal perçue par les parents. En occupant notre établissement, nous avons voulu trouver une action frappante, en dehors du temps de travail et voir les parents dans un climat plus serein", explique un autre prof du lycée Lakanal, Stéphane Girer (mathématiques). De son côté, le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a dénoncé la "grève du bac blanc" et accusé les enseignants d'avoir pris les lycées "en otage".
Avec la journée de mardi, il s'agit d'expliquer le sens de notre combat" à l'opinion publique mais aussi de "remettre l'éducation au coeur de la campagne" électorale, explique le SNS-FSU.
Le candidat centriste, François Bayrou, a expliqué lundi sur France 2 qu'il fallait "préserver les moyens" de l'Education nationale. De son côté, l'un des porte-parole de la candidate socialiste, Ségolène Royal, a rappelé que cette dernière avait pris "l'engagement de revenir" partiellement sur le "décret Robien". Quant au représentant de l'UMP, Nicolas Sarkozy, son entourage évoque la possibilité d'abroger le décret purement et simplement.
Le vote des enseignants D'une manière générale,les candidats se disputent le vote d'une catégorie professionnelle qui regroupe quelque 850.000 personnes. Leur vote est d'habitude acquis à la gauche. Mais si l'on en croit un sondage IPSOS réalisé début février, seuls 31 % des enseignants interrogés auraient l'intention de voter pour Ségolène Royal.
La candidate du PS "ne suscite pas l'engouement dans les salles des profs", reconnaît un représentant du SNES-FSU, en rappelant la vidéopirate où elle réclamait que les enseignants assurent 35 heures hebdomadaires de présence au collège. Ses promesses de rétablir des milliers de postes dans l'Education nationale, dont 5000 dès la rentrée, ne semblent pas y avoir changé grand chose...
"Il y a aussi un effet 'par défaut' profitable à François Bayrou", estime-t-on au syndicat. D'autant que le candidat UDF a été un ministre de l'Education nationale apprécié entre 1993 et 1997. Pourtant, sa réforme de la loi Falloux (financement des établissements privés) avait provoqué une immense manifestation à Paris en janvier 1994, regroupant des centaines de milliers de personnes.
Certains profs vont peut-être aussi se laisser tenter par Nicolas Sarkozy dont la proposition d'abroger le décret Robien pourrait être appréciée... |