Selon les 500 experts mondiaux réunis à Paris, cette hausse sera probablement dépassé en 2100
Le chiffre de 4,5 degrés d'augmentation correspond à une stabilisation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère à 550 parties par million (380 ppm aujourd'hui). Selon le document de travail qu'a pu obtenir l'AFP, les six scénarios socio-économiques envisagées par le GIEC augurent tous du dépassement de ce seuil en 2100.
Tous aboutissent à des concentrations de dioxyde de cabone (CO2) comprises entre 540 et 970 ppm à la fin du siècle.
Les climatologues attribuent dans leurs travaux un degré de confiance à chacune de leurs prévisions. La fourchette de 2 à 4,5 degrés a "au moins 66% de chances" d'être atteinte.
Le document de travail, dont l'AFP a pu se procurer une copie, doit être amendé, voté mot à mot et ligne à ligne, avant d'être publié vendredi. Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat ne commente jamais les fuites dont le document peut être l'objet.
Prévisions alarmistes
Lors de l'ouverture de la conférence, lundi matin, le délégué français Christian Brodhag a déclaré que le changement climatique était désormais une réalité, et que "le doute est souvent l'alibi de l'inaction (...) La lutte contre le changement climatique ne relève plus du principe de précaution mais du principe de prévention."
Le chapitre scientifique du 4e rapport du groupe d'experts, en cours d'élaboration depuis deux ans, est une véritable "bible" des connaissances climatiques qui servira de référence pour les cinq prochaines années. Il a été préparé à partir de plusieurs milliers d'études publiées depuis 2001, et a mobilisé environ 2.500 chercheurs.
Ce document ne devrait réserver "aucune bonne nouvelle": "C'est une confirmation de tout ce qu'on a dit depuis longtemps, mais avec des risques supplémentaires", selon le climatologue français Hervé Le Treut, interviewé par l'AFP.
Fonte des glaces de mer et des sols gelés en profondeur (permafrost ou pergélisol), diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers, dilatation des océans réchauffés, sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par "rétroaction", jouer les accélérateurs du processus.
Ce résumé "à l'intention des décideurs" servira de socle à l'action internationale en faveur de la réduction des émissions de gaz à effets de serre dans le monde, cadrée par le protocole de Kyoto |