L'avocate de cette France a renvoyé vendredi Nicolas Sarkozy dans le camp des héritiers du "colonialisme" Alors que les coups pleuvent, Mme Royal a tenu un discours de combat devant quelque 400 partisans massés sous la halle du marché de Fort-de-France."Vous pouvez comptez sur moi, je suis une femme debout", s'est-elle écriée.
"Le métissage est une chance pour la France.Je serai la présidente de la République de la France métissée" s'est-elle exclamée.
La candidate du PS a la présidentielle a prôné "une république accueillante à tous les siens et qui ne tolère plus aucune discrimination".
Mme Royal a rappelé qu'en 1978, lors d'un stage à la préfecture de Fort-de-France à sa sortie de l'Ena, elle avait demandé à rencontrer Aimé Césaire, une visite qui lui fut, a-t-elle dit, "interdite" par "l'Etat français et la droite de l'époque". Cette France-là "a-t-elle vraiment changé ?", s'est-elle demandé.
"Cette demande de rendez-vous a du être inscrite sur ma fiche des Renseignements généraux", a-t-elle ironisé, faisant allusion à la violente polémique qui l'oppose à Nicolas Sarkozy autour de l'enquête des RG sur son entourage.
Adoubé par Aimé Césaire, le poète chantre de la négritude et figure de l'anti-colonislimse, fondateur du Parti progessiste martiniquais, elle s'est faite l'avocate intransigeante de "la République du respect", célébrant "la liberté, l'égalité, la fraternité", mais aussi "le respect des identités".
Aimé Césaire, qui avait aussi reçu M. Sarkozy, lui a exprimé sa "confiance", disant son "espérance" en sa victoire en mai prochain. "Chacun de ses mots pèse", a relevé le maire de Fort-de-France Serge Letchimy, lui aussi du PPM.
"Nous te soutenons fortement, massivement", a dit Aimé Césaire, appelant les Martiniquais à voter en masse en avril-mai, alors que la participation n'avait pas franchi 40% à l'élection de 2002. "Il faut aller voter, sortir de chez vous", les a-t-il adjurés.
Sur cette île, Nicolas Sarkozy avait dû renoncer à venir en 2005 devant la colère locale contre la loi sur "le rôle positif" de la colonisation -il était finalement venu quelques mois plus tard.
Ségolène Royal se bat avec ardeur
Au Lamentin, Mme Royal a ensuite combattu vigoureusement plusieurs propositions de Nicolas Sarkozy dans le domaine économique et social.
"Quand j'entends qu'il faudrait repousser la retraite jusqu'à 70 ans ou faire payer le début d'accès à la santé, ou que les gens se débrouillent s'ils n'ont pas assez d'argent et qu'ils fassent des heures supplémentaires...", s'est insurgée la candidate PS à l'élection présidentielle dans une allocution à la mairie du Lamentin en présence du maire Pierre Samot, du parti de gauche Bâtir le pays martiniquais.
"On va permettre aux patrons que l'heure supplémentaire coûte moins cher que la première heure travaillée d'un chômeur que l'on aurait recruté", a protesté Ségolène Royal.
"Tout cela, non, je dis non, a repris la candidate de gauche. Non à la franchise médicale qui va faire reculer la couverture médicale et la sécurité sociale, non à l'anarchie dans le chacun pour soi. Je dis non à ce recul des solidarités, je dis non à ce recul des services publics avec la suppression de moyens dans l'école, la santé, les transports publics".
"La République rétablira ces solidarités", a-t-elle conclu. |