De grandes inégalités sociales sont constatées en France dans le domaine de la santé, selon une enquête publiée mardi
Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire souligne des inégalités dans l'accès aux soins et aussi en matière de prévention comme le montre le repli de consommation de tabac plus rapide chez les cadres que chez les plus défavorisés.
Alors que l'espérance de vie croît, les inégalités ne baissent pas, voire s'aggravent, selon Martin Hirsch.
"L'espérance de vie augmente régulièrement, mais les inégalités de santé ne se réduisent pas ! Certaines ont même tendance à s'aggraver", note en éditorial du Bulletin Martin Hirsch, président d'Emmaüs mais aussi directeur général de l'Agence nouvelle des solidarités actives.
Et de citer l'espérance de vie des SDF, d'environ 45 ans, proche de celle au Sierra Léone (34 ans). "Les inégalités ne touchent pas seulement les extrêmes", mais sont marquées entre ouvriers et cadres et ce dès l'école (prise en charge des troubles de la vue, caries dentaires et surpoids)", ajoute-il.
"Difficile de préconiser de manger cinq fruits et légumes par jour quand le prix de ceux-ci est peu compatible avec un budget alimentation de 2 à 3 euros par jour et par personne", poursuit-il en préconisant de cibler la prévention sur les catégories les plus modestes.
La France présente, avec la Finlande, les inégalités les plus fortes entre professions manuelles et non manuelles en matière de mortalité masculine, selon Emmanuelle Cambois (Ined, démographie) et Florence Jusot (Irdes, économie de la santé).
Au milieu des années 1990, environ sept années séparaient l'espérance de vie à 35 ans d'un cadre de celle d'un ouvrier, soulignent-elles dans le Bulletin.
"La piètre position de la France s'explique par des différentiels de mortalité beaucoup plus larges que dans les autres pays dans la tranche d'âge 45-59". Pour cette tranche d'âge, on trouve ainsi des rapports de taux de mortalité entre manuels et non manuels de 1,7 (contre des rapports inférieurs à 1,5 dans les autres pays).
Depuis les années 1980, on observe une baisse importante de la mortalité cardiovasculaire et de la mortalité pour certains cancers (estomac, utérus, cancers liés à l'alcool chez les hommes).
Malgré ces progrès, différentes études nationales concluent au maintien des inégalités, voire à leur aggravation, au cours du temps, notamment en France, relèvent les auteurs.
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