Le premier ministre a annoncé ce matin que l'Etat allait engager 400 millions sur trois ans en faveur de l'automobile
ette aide sera versée pour l'innovation et la recherche dans ce secteur d'activités sur la période 2006-2008.
Dans le même temps, Dominique de Villepin, qui tenait sa conférence de presse mensuelle, a annoncé une aide de 150 millions d'euros sur trois ans (2007-2009) pour la formation et la reconversion des salariés des entreprises en difficulté.
Le premier ministre a annoncé également que l'Agence de l'innovation industrielle débloquerait 120 millions d'euros en 2007 en faveur de la filière automobile. Une somme qui vient s'ajouter aux 120 millions engagés en 2006 pour soutenir le projet du moteur hybride diesel.
Il a par ailleurs invité l'ensemble des acteurs de la filière automobile à négocier d'ici au 15 janvier sur un raccourcissement des délais de paiement, faute de quoi il envisage de passer par "la voie législative".
Il a indiqué qu'il se fixait pour objectif d'"aligner nos pratiques sur celles des autres pays européens" en matière de délais de paiement. Il a rappelé que "dans la plupart des pays européens, la pratique est de 30 à 60 jours". Tandis que la France "se situe nettement au-delà avec une moyenne supérieure à 100 jours sur l'ensemble de l'industrie".
Dominique de Villepin a profité de sa conférence de presse pour passer en revue les grands sujets d'actualité, à commencer par l'actualité économique.
L'euro: "A l'échelle européenne, ne refusons pas le débat sur l'appréciation de l'euro et ses conséquences sur nos exportations. C'est une réalité qui pèse aujourd'hui sur notre compétitivité".
De son côté, le ministre de l'Economie, Thierry Breton, qui assistait à la conférence de presse, a jugé "important" que la Banque centrale européenne "entende" ce que disent les ministres de l'Eurogroupe concernant le taux de change euro-dollar. Ceux-ci ont prôné la "vigilance", a-t-il rappelé.
Les perspectives économiques "Ma conviction c'est que les efforts que nous avons engagés, à la fois sur le front de l'emploi comme en matière d'investissement et sur le front de la croissance, nous offrent des perspectives qui sont bonnes", a déclaré le premier ministre. "Nous sommes en effet sur une tendance d'amélioration de notre économie". "A nous pourtant de savoir conforter ce mouvement", a-t-il ajouté. "Nous ne sommes pas à l'abri de difficultés ici et là".
Le ministre de l'Economie, Thierry Breton, a pour sa part réaffirmé que la croissance du PIB français serait bien située entre 2 % et 2,5 % en 2006 et 2007.
L'emploi: il devrait "rester stable" au mois d'octobre malgré la pause dans la croissance, selon Dominique de Villepin.
"Je le dis très clairement: ce n'est pas à la hauteur des ambitions que nous avons pour la France", a-t-il ajouté. "Une croissance forte, un emploi dynamique, une distribution plus juste des revenus, voilà l'objectif que nous nous sommes fixé".
Un peu plus tôt, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, avait affirmé, à propos du chômage, que "la tendance est évidemment bonne", même si "probablement" le mois d'octobre allait marquer "un palier". "Ma conviction, c'est que les efforts engagés sur le front de l'emploi, comme en matière d'investissement nous offrent des perspectives qui sont bonnes", a déclaré Dominique de Villepin au cours de sa conférence de presse.
Prime de Noël pour les "rmistes": le premier ministre a annoncé sa reconduction. Cette prime "pour un couple avec deux enfants sera de 320 euros", a-t-il précisé. Elle sera inscrite par amendement au prochain collectif budgétaire et versée, comme tous les ans, "au cours du mois de décembre".
L'Afrique, où Dominique de Villepin entame jeudi un voyage de trois jours (il se rendra successivement au Tchad, en Afrique du sud et au Congo). But: "à quelques mois du sommet France-Afrique qui se tiendra à Paris" vers la fin février 2007, "c'est l'occasion pour moi de mieux préparer ce sommet et de poursuivre le dialogue si important avec le continent tout entier", a-t-il dit.
La présidentielle: la décision pour Nicolas Sarkozy de quitter le gouvernement pour mener campagne doit être une "réflexion qui doit être menée par l'intéressé lui-même, en liaison bien sûr" avec le premier ministre et le président Jacques Chirac. "La priorité pour le chef du gouvernement que je suis, c'est que cette action gouvernementale puisse être menée jusqu'au bout", a-t-il insisté |