15 policiers ont été blessés mardi lors de la manifestation nationale des pompiers à Paris, selon la préfecture
Une série d'incidents a émaillé la manifestation partie à 14H00 de la place Denfert-Rochereau: les pompiers ont à plusieurs reprises tenté de forcer les barrages de police pour gagner le centre de la capitale.
4 syndicats (CFTC, CGT, FO, autonomes) avaient appelé à la manifestation.
Des dizaines de pompiers casqués ont lancé des fusées de détresse, barres de fer, éléments de chantier et panneaux de signalisation sur les barrages des forces de l'ordre. Lesquelles ont répliqué avec des gaz lacrymogènes
Vers 18H45, après la dispersion place de la Nation, une trentaine d'entre eux ont réussi à contourner le dispositif de police leur interdisant l'accès au boulevard périphérique. Ils ont bloqué pendant une demi-heure la circulation dans les deux sens en envahissant la chaussée à la hauteur de la porte de Vincennes.
Selon la préfecture de police, "la circulation restait difficile et dangereuse peu après 19h00" sur le boulevard périphérique dans ce secteur. Les manifestants ont en effet disposé des plots de signalisation rectangulaires rouges et blancs sur les voies, ce qui présente un danger pour les automobilistes et les motards.
Parmi les membres des forces de l'ordre blessés, "deux gendarmes mobiles ont été sérieusement atteints, l'un à la jambe, l'autre à la tête", selon la préfecture. 35 manifestants ont été arrêtés.
L'origine du conflit La semaine dernière, deux longues soirées de négociations ont eu lieu avec le ministre délégué aux Collectivités territoriales, Brice Hortefeux. Mais quatre syndicats sur six ont refusé les propositions de l'Etat et des employeurs territoriaux. Seuls la CFDT et Avenir Secours les ont acceptées.
Il s'agissait d'augmenter les indices de rémunération pour les agents de catégorie C et d'accorder une prime de 68 euros aux pompier travaillant en zones urbaines sensibles. "La réflexion" devait aussi se poursuivre sur l'attribution d'une NBI de 72 euros aux chefs d'équipe, de groupe ou d'engin. Début juillet, une gratification mensuelle de 70 euros avait été accordée par décret aux quelque 37.000 pompiers professionnels puis aussitôt retirée. L'intersyndicale exige "le rétablissement social" de cette prime. Elle demande aussi des garanties sur la fin de carrière. Elle affirme que la plupart des pompiers ne peuvent "partir à la retraite à 55 ans dans de bonnes conditions" depuis la réforme Fillon de 2003.
Les hommes du feu peuvent partir à la retraite dès 55 ans. Mais les syndicats font valoir que depuis la réforme Fillon de 2003, ils sont passés de 37,5 annuités de cotisations à 40, avec un bonus de 5. Un pompier entré à 25 ans doit travailler jusqu'à 60 pour pouvoir percevoir une retraite à taux plein.
Brice Hortefeux a accusé les organisations qui ont appelé à la manifestation d'aujourd'hui de pratiquer "une surenchère dangereuse". Pour le ministre, celles-ci refusent des "avancées sociales" qui représentent "un coût important" pour les conseils généraux. Mardi après-midi à l'Assemblée, il s'est cependant déclaré "prêt" à reprendre les discussions.
A l'issue de la manifestation, le syndicat de policiers Alliance a dénoncé un "comportement de voyous".
D'autres manifestations Une soixantaine de pompiers de l'intersyndicale FO, CGT, Autonomes de l'ouest des Yvelines ont fait brûler des pneus mardi et déversé de la mousse anti-feu dans les rues de Mantes-la-Jolie (Yvelines).
A Nîmes et Marseille, des pompiers ont interrompu le trafic SNCF pendant plusieurs heures.
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