Des responsables catholiques contestent les recherches sur l'embryon et l'utilisation des fonds collectés L'affaire est partie du Var, le 9 novembre, quand le diocèse de Toulon a estimé qu'il n'était "plus possible" de participer au financement du Téléthon qui aide la recherche sur les embryons humains.
L'Association française contre les Myopathies (AFM) dit respecter la loi sur la bioéthique et souligne les progrès obtenus pour les maladies orphelines.
Les catholiques, qui ont émis des réserves, parlant de "stratégie eugéniste" du Téléthon , s'élèvent en particulier contre le diagnostic préimplantatoire (DPI). Il s'agit de vérifier, en cas de fécondation in vitro, que les embryons à implanter sont bien exempts d'une maladie génétique.
Selon des sources médicales, une centaine de DPI sont effectués chaque année, et aboutissent à 10 ou 20 naissances environ, après accord des donneurs et des receveurs d'embryons.
"Le DPI", insiste Mme Tiennot-Herment dans une interview au Pèlerin, "permet la naissance d'enfants en bonne santé dans des familles à risque" et "cela n'a rien à voir avec la recherche de l'enfant parfait".
Reste que pour les catholiques, le principe fondamental est que "l'homme ne doit pas être l'objet de manipulation", et qu'il n'y a pas lieu de financer des recherches qui vont à l'encontre de ce principe.
L'archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois a ainsi résumé l'affaire : "ce n'est pas parce que le Téléthon est une oeuvre généreuse qu'on doit signer un chèque en blanc", pour financer notamment des recherches permettant le tri d'embryons.
La présidente de l'AFM se déclare prête à parler d'éthique avec l'évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Rey. En revanche, elle n'est pas prête à mettre en place des procédures permettant aux donateurs de choisir ce qu'ils veulent financer. "Donner à l'AFM, c'est adhérer à un projet global", déclare-t-elle.
"98,6% des fonds vont à la recherche de thérapies innovantes, qui ne suscitent pas d'objection éthique". Le Téléthon fête cette année sa 20e édition, les 8 et 9 décembre.
"Il ne faut pas se priver de faire ces recherches", a affirmé pour sa part jeudi le ministre délégué aux Personnes handicapées, Philippe Bas, qui a ajouté que "la loi sur la bioéthique est très réglementée".
Les embryons concernés par la recherche "n'ont pas été fabriqués pour cela", a-t-il insisté au micro de la radio "Vivre FM". En cas de fécondation in vitro pour un couple infertile, "on est obligé de constituer des embyons et on tente le transfert. Quand le transfert est réussi, il reste quelques embryons appelés embryons surnuméraires. Si on veut faire des recherches sur ces embryons, les conditions sont draconiennes", a-t-il expliqué. |