Les élèves retournent à l'école
Quelque 12,4 millions d'élèves reprennent à partir de ce matin le chemin des établissements scolaires
Les 884.000 enseignants avaient déjà effectué leur rentrée vendredi.
Plusieurs mesures vont être appliquées cette année: retour à la méthode syllabique pour l'apprentissage de la lecture (à la place de la méthode globale), entrée en vigueur du "socle commun de connaissances", note de vie scolaire (pour le comportement à l'école)...
L'"apprentissage à 14 ans" et la refonte des ZEP (zones d'éducation prioritaires) entrent également en vigueur. 1000 enseignants, 3000 assistants pédagogiques et 300 infirmières vont ainsi être affectés dans 249 collèges de ZEP, classés "ambition réussite".
Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a également confirmé la création de 200 unités pédagogiques d'intégration dans le second degré pour les élèves handicapés. Il a par ailleurs annoncé le recrutement de 50.000 "emplois de vie scolaire" dans les écoles primaires pour l'année scolaire 2006-2007. Lesquels s'ajouteront aux 45.000 déjà recrutés en 2005-2006 dans les collèges et lycées. Le ministre a aussi mis l'accent sur la "promotion du mérite" avec 100.000 bourses au mérite pour des lycéens en 2006 contre 28.500 en 2005, et sur la "relance de l'éducation prioritaire" pour "promouvoir l'égalité des chances".
"La rentrée devrait se dérouler dans des conditions tout à fait satisfaisantes", estime Gilles de Robien. De leur côté, les syndicats d'enseignants protestent contre les réductions budgétaires et la suppression de 8500 emplois. Ils ont annoncé pour mercredi une journée de sensibilisation et une grève nationale pour le 28 septembre.
De nombreux enseignants, lycéens et parents d'élèves s'inquiètent par ailleurs du sort des enfants de parents sans papiers. Certains, dont les parents ont été déboutés par la circulaire Sarkozy, sont menacés d'interpellation. D'autres ne savent pas encore le sort réservé à leurs parents, certains ayant reçu une convocation pour octobre. Sur 30.000 dossiers déposés, 6000, selon le ministre de l'Intérieur, devraient donner lieu à des régularisations.
Cette rentrée est aussi marquée par une polémique autour de la carte de France des violences scolaires, publiée par "Le Point", à partir d'une base de données de l'Education nationale alimentée par les chefs d'établissement. Ce classement a poussé vendredi Gilles de Robien à se rendre au collège Condorcet de Nîmes, le plus mal classé, pour soutenir l'équipe enseignante.
Le ministre a publié lundi dans 72 journaux nationaux et régionaux, sur une page entière, "un message aux parents d'élèves". Il y résume toutes les nouveautés de la rentrée, allant du "socle commun" à la relance de l'éducation prioritaire. "Cette rentrée scolaire est aussi la vôtre. Des évolutions importantes ont été engagées depuis un an et sont aujourd'hui mises en oeuvre (...). Bonne rentrée à tous !".
Un sondage
Selon une enquête CSA pour "Le Parisien", 35 % des personnes interrogées estiment que la qualité de l'enseignement se dégrade et 36 % qu'elle ne change pas.
15 % des sondés estiment au contraire que cette qualité s'améliore, observe cette étude réalisée le 30 août auprès de 802 personnes âgées de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas. Malgré les émeutes en banlieue en novembre 2005 et les manifestations anti-CPE (contrat première embauche), 56 % des personnes interrogées pensent que l'école assure l'égalité des chances contre 37 % d'avis négatifs.
|