Autriche: Natascha avait été vue dehors Un ami du ravisseur de Natascha Kampusch a affirmé mercredi qu'il avait rencontré récemment la jeune fille
Natascha paraissait "gaie" et il n'aurait pas soupçonné qu'elle était la victime de l'enlèvement dont toute la presse avait parlé en 1998, a indiqué Ernest Holzapfel.
Les enquêteurs s'interrogent sur les conditions de détention de la jeune fille, qui s'est évadée de la maison de Wolfgang Priklopil où elle était retenue depuis 8 ans près de Vienne.
Wolfgang Priklopil "m'a présenté la jeune femme comme une connaissance mais sans dire de nom", à la mi-juillet dans un hangar d'une banlieue sud de Vienne, où les deux hommes avaient une activité commune, a indiqué son associé et ami, Ernest Holzapfel, lors d'une conférence de presse à Vienne.
"Je lui ai serré la main, elle m'a dit un 'bonjour' poli. Elle m'a paru gaie, heureuse. J'étais très surpris, je n'arrivais pas à savoir si c'était sa petite amie ou juste une connaissance (...) Je ne me doutais pas bien sûr que c'était Natascha Kampusch", a-t-il déclaré, choqué".
Un voisin avait déjà déclaré mardi à la radio ORF avoir vu Natascha en voiture avec son ravisseur, roulant vers Vienne. Aux questions du voisin, Wolfgang Priklopil aurait répondu: "C'est une Yougoslave qui m'aide pour des travaux à la maison."
Selon l'expert psychiatre Reinhard Haller, le ravisseur rêvait probablement de pouvoir vivre un jour une vie "normale" avec sa victime, devenue majeure, et avait entrepris de "l'assimiler progressivement" à sa vie publique.
Natascha raconte sa captivité Natascha Kampusch, séquestrée pendant 8 ans, a détaillé lundi sa captivité et ses rapports avec son geôlier
La jeune femme, âgée aujourd'hui de 18 ans, semble souffrir du "syndrome de Stockholm", un état psychologique par lequel une victime détenue depuis longtemps s'identifie à ses ravisseurs.
Dans une lettre lue par son psychiatre lundi, elle affirme que son ravisseur "n'était pas son maître" et qu'elle regrette qu'il se soit donné la mort.
"Il faisait partie de ma vie et c'est pour cela (...) que je le pleure". "J'étais aussi forte que lui. Symboliquement, il m'a portée à bout de bras tout en me foulant aux pieds", a-t-elle expliqué à propos de son geôlier, Wolfgang Priklopil, 44 ans.
La jeune fille n'a pas évoqué les "contacts sexuels" qu'elle aurait eus avec Priklopil et dont elle a parlé aux enquêteurs. Elle a indiqué en préambule qu'elle ne répondrait "à aucune question sur des détails intimes ou personnels" et menacé de poursuites "tous ceux qui franchiront les limites" (...).
Concernant sa vie quotidienne elle affirme qu'elle était "tout à fait réglée. En général, un petit déjeuner dans la règle de l'art -il ne travaillait pas souvent -, les travaux ménagers, lire, regarder la télévision, discuter, cuisiner. C'était comme ça toute l'année, le tout accompagné d'angoisse liée à la solitude."
La jeune fille indique aussi dans sa lettre écrite pour la presse et "l'opinion mondiale", qu'elle n'a décidé d'avoir avec sa famille que des contacts téléphoniques.
Les psychiatres ont expliqué que Natascha Kampusch souffrait de profondes séquelles psychologiques mais qu'elle faisait preuve d'une grande maturité. "Natascha est extrêmement traumatisée. Elle a été la victime d'un crime très grave", a précisé son psychiatre Max Friedrich.
Le rappel des faits Natascha Kampusch, kidnappée en 1998 en Autriche, a réussi a s'enfuir après 8 ans de captivité. L'adolescente de 18 ans, retrouvée le 22 août errant dans un parc de la banlieue de Vienne, a expliqué avoir profité d'un moment d'inattention de son ravisseur pour s'enfuir.
Elle a raconté avoir été séquestrée 8 ans dans une cellule de 6 m2 aménagée sous un garage près de chez son ravisseur, qui s'est suicidé le soir même de son évasion.
Son ravisseur l'autorisait à regarder la télévision et à écouter la radio, et lui fournissait des livres.
La disparition en 1998 de la jeune Natascha Kampusch sur le chemin de l'école avait bouleversé l'Autriche et déconcerté les enquêteurs. Une analyse ADN a confirmé jeudi dernier l'identité de la jeune femme, qui avait déjà été reconnue par ses proches. |