Le procureur libyen a réclamé mardi la peine de mort à l'encontre de 5 infirmières bulgares et d'un médecin palestinien
Quelques une des infirmières bulgares lors de leur procès en Libye - France 2 (30-8-2006)
Ils sont jugés en appel.pour avoir inoculé le virus du sida à 426 enfants libyens, dont 51 sont décédés, à l'hôpital de Benghazi (nord-est de la Libye). Ils sont incarcérés depuis 1999.
Le procès a été reporté au 5 septembre pour la poursuite des plaidoiries des avocats des victimes.
Ils avaient été condamnés à mort en première instance le 6 mai 2004. La Cour suprême libyenne avait ordonné le 25 décembre un procès en appel, ouvert le 11 mai.
Une partie des défenseurs n'a pas reçu l'autorisation de plaider lors de ce procès, a rapporté l'un des avocats, Me Emmanuel Altit. "Je regrette que nous n'ayons pas été plus soutenus par les diplomates de différents pays", a-t-il affirmé. Les Etats-Unis ont réitéré mardi leur appel à la libération des accusés. "Ce qui s'est produit est un drame affreux", qui est un "tragique accident", selon le porte-parole du département d'Etat.
L'association des victimes exige "10 millions de dollars par famille de victime", soit une indemnisation "tout à fait semblable aux 10 millions de dollars que les Libyens ont été forcés de verser à la famille de chacune des victimes de l'attentat de Lockerbie" en Ecosse en 1988, qui avait tué 270 personnes, a rappelé Me Altit. Attentat pour lequel la Libye a reconnu sa responsabilité en 2003 et signé un accord d'indemnisations avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Les accusés, qui sont "à bout", selon leurs avocats, clament leur innocence. Ils affirment que la police libyenne leur a extorqué des "aveux sous la torture". Mais le tribunal a rejeté une demande de la défense d'ouvrir une enquête sur ces allégations.
Trois experts libyens appelés à la barre avaient confirmé les conclusions d'un rapport présenté au tribunal, selon lequel le virus a été "introduit délibérement" à l'hôpital de Benghazi. L'un des avocats des victimes avait mis en doute les conclusions du premier rapport. Il a soutenu qu'avant cette affaire, la maladie avait déjà été diagnostiquée chez trois autres infirmières de l'hôpital.
S'appuyant sur des déclarations d'experts internationaux, dont le co-découvreur du virus du sida, le professeur français Luc Montagnier, la défense soutient que l'épidémie de SIDA à l'hôpital de Benghazi était due aux mauvaises conditions d'hygiène. |