La perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté a été requise contre Colonna pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998
La peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible de 22 ans, a été requise contre Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, jeudi devant la cour d'assises spéciale d'appel de Paris.
Le verdict sera rendu vendredi.
L'avocat général Christophe Teissier a estimé que "tous les éléments du dossier convergent vers la culpabilité d'Yvan Colonna" dans l'assassinat du préfet Erignac en 1998, lors de son réquisitoire à la Cour d'assises d'appel de Paris.
L'accusé est un "assassin et un fuyard", a-t-il aussi déclaré dénonçant vivement le refus de Colonna à comparaître.
L'accusé a refusé d'assister au réquisitoire, ayant décidé de ne plus participer à l'audience depuis le 11 mars. Le berger corse et ses avocats ont quitté le procès pour dénoncer le refus de la cour de faire une reconstitution de l'assassinat du préfet, et plus généralement pour dénoncer un "simulacre" de justice. Comme tous les jours depuis le 11 mars, le président de la cour, Didier Wacogne, a fait constater par huissier le refus du berger corse de quitter sa cellule.
Le réquisitoire des deux avocats généraux Christophe Teissier et Jean-Claude Kross devait durer toute la journée de jeudi. Premier à s'exprimer, Christophe Teissier a affirmé que "tous les éléments du dossier convergent vers la culpabilité d'Yvan Colonna" dans l'assassinat du préfet Claude Erignac, commis le 6 février 1998 à Ajaccio.
Premier à s'exprimer, Christophe Teissier a fustigé les "bancs de la défense désertés" et le "fuyard" Colonna : "Yvan Colonna n'a pas voulu que le débat judiciaire puisse se tenir". Pour le représentant de l'accusation, le refus de la reconstitution réclamée, invoqué par Yvan Colonna, n'a été qu'un "alibi" pour l'accusé, "un alibi qui va lui permettre de faire ce qu'il sait faire le mieux: être un fuyard, fuir ses responsabilités". Selon Christophe Teissier, l'objectif de la défense, qui "n'a eu de cesse de placer le débat sur le terrain politique", était de "discréditer" la cour afin que sa décision "apparaisse comme entachée d'un soupçon", adoptant une attitude "toujours à la limite de l'outrage".
Depuis son ouverture, le 9 février, le procès a été émaillé de nombreux incidents avec des mises en cause répétées du président Wacogne, accusé de partialité par les défenseurs d'Yvan Colonna.
La journée de vendredi, en l'absence de plaidoiries de la défense et de dernière parole à l'accusé, devrait être consacrée aux délibérations de la cour, qui devrait rendre son verdict en fin de journée.
En première instance, fin 2007, Yvan Colonna avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité sans la période de sûreté incompressible de 22 ans qu'avait réclamée le parquet.
| Un avocat fustige "la nouvelle fuite" de Colonna | |
L'avocat de la veuve et des deux enfants du préfet Claude Erignac, Me Philippe Lemaire, a dénoncé mercredi la "nouvelle fuite" d'Yvan Colonna et sa "stratégie de rupture multipliant ou faisant multiplier les invectives pour aboutir à un départ en fanfare si souvent annoncé que nous avions fini par ne plus y croire". Les plaidoiries des parties civiles se sont achevées le jour même devant la cour d'assises spéciale de Paris.
Mercredi, un autre avocat des parties civiles, Me Benoît Chabert, a dénoncé la "ridicule lâcheté" de l'accusé et de ses avocats, qui ont quitté l'audience depuis le 11 mars, pour protester contre un refus d'organiser une reconstitution et, plus largement, pour dénoncer un "simulacre" de justice. Il s'agit, selon Me Lemaire, d'une "erreur grossière et sans fondement qui ressemble à s'y méprendre à une nouvelle fuite dont Yvan Colonna a le secret". "Un triste aveu de culpabilité", selon Me Chabert.
"Est-ce qu'un innocent s'en va ?", a demandé ce dernier qui n'a "aucun doute sur la culpabilité d'Yvan Colonna", mis en cause par quatre des six membres du commando d'assassins, déjà condamnés et qui se sont par la suite rétractés.
Désormais, "l'absence (d'Yvan Colonna) cache mal, très mal, l'inquiétude de son sort" car "fuir c'est bien la plus mauvaise méthode pour se faire entendre", a insisté de son côté Me Lemaire.
Le berger corse, accusé d'être le tireur au sein du commando d'assassins du préfet de Corse, a été arrêté en juillet 2003 après une cavale de quatre ans. D'ailleurs, l'avocat de Mme Erignac et ses enfants "ne comprend pas comment on peut justifier une cavale pendant quatre ans alors qu'on est innocent". |
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