Alors que Mme parisot rechigne à encadrer les rémunérations patronales, Mme Lagarde prépare une loi sur le sujet
Mme Parisot a dit lundi que le Medef n'a pas le pouvoir d'imposer un encadrement des rémunérations des patrons.
Après que 4 dirigeants de SocGen ont renoncé à leurs stocks-options, la ministre des Finances a prévenu, selon Le Figaro lundi: sans accord avec les partenaires sociaux, avec qui une "concertion" doit être engagée, "on passera par la loi".
"Le Medef n'a pas le pouvoir d'imposer quoi que ce soit. Mais nous sommes conscients de notre autorité morale. C'est pourquoi nous allons répondre dans la semaine", a lancé la patronne des patrons dans un entretien publié dans Le Parisien-Aujourd'hui de lundi. Laurence Parisot a annoncé qu'elle va rappeler aux dirigeants d'entreprises "les valeurs de responsabilité et de solidarité" mais, dit-elle, en allant plus loin dans l'action, on risquerait de buter "sur des difficultés pratiques, voire des risques d'incohérences ou d'injustices". La présidente du Medef a dit accueillir avec "soulagement" "l'annonce des quatre dirigeants de la Société générale de renoncer à leurs stock-options. "Les Français n'auraient pas compris", dit-elle.
En réponse, Frédéric Lefebvre a indiqué sur LCI: "Le Medef ne veut pas réagir (...) Comme il n'y a ni le désir ni les moyens, on va nous leur donner les moyens et on va légiférer". Selon le porte-parole de l'UMP, il faut empêcher que les patrons puissent augmenter la part variable de leurs rémunérations sans que les salariés bénéficient aussi de gratifications. Il se dit convaincu que la majorité pourra changer les choses. "Quand les politiques mettent les conditions, que l'opinion publique est prise à témoin, les gens ne peuvent pas faire n'importe quoi".
En revanche, Frédéric Lefebvre exclut toujours de revenir sur le "bouclier fiscal", dispositif permettant aux contribuables payant plus de 50% de leurs revenus en impôts et contributions sociales, et qui a permis à moins de 800 contribuables très aisés de recevoir un chêque moyen de 368.000 euros en 2008. Ce "bouclier" est "en lui-même un élément de justice", a-t-il conclu.
Le président Nicolas Sarkozy avait jugé "inadmissibles" vendredi les bonus et autres stocks-options pour les dirigeants des entreprises bénéficiant d'un plan social ou d'aides publiques, en pleine polémique autour de la banque Société générale. "Visiblement, certains ont du mal à comprendre ce qu'on a dit. Quand il y a un plan social, des aides publiques, les bonus, plans, stock-options, rémunérations exceptionnelles ne sont pas admissibles", avait-il lancé à la presse à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles. "On ne peut pas solliciter de l'argent public et faire un plan généreux de distribution d'actions et de bonus", avait-il pécisé.
Il faisait ainsi allusion à la Société générale, dont plusieurs dirigeants, notamment son président Daniel Bouton, avaient reçu mercredi des dizaines de milliers de stock-options avant d'y renoncer à la demande de la ministre de l'Economie Christine Lagarde. L'Etat a déjà prêté 1,7 milliard d'euros à la Société générale et lui permet de bénéficier de la Société de financement de l'économie française pour emprunter sur les marchés.
Les propos du chef de l'Etat sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises bénéficiant d'aides publiques se rapportent à la situation française. Mais ils interviennent alors que les Etats-Unis sont en plein scandale des primes versées à des cadres de l'assureur nationalisé AIG.