Le NPA et LO veulent poursuivre la mobilisation sans attendre alors que les syndicats n'ont pas fixé de nouvelle date
Les dirigeants d'extrême gauche sont clairs: pas question de relâcher la pression. Olivier Besancenot se dit favorable à une "grève générale illimitée", Arlette Laguilliers souhaite "tout de suite organiser la suite" face à "un gouvernement et un patronat qui ne veulent rien céder". Le PCF appelle pour sa part au respect des choix syndicaux.
En bon connaisseur du terrain syndical et fin tacticien, Olivier Besancenot avait anticipé et déploré la position des syndicats. Leurs huit représentants ont en effet décidé ce vendredi matin, de reporter au 30 mars leur décision sur une éventuelle nouvelle action. La division est patente entre ceux qui souhaitent programmer rapidement une nouvelle journée de grèves et de manifestations et ceux qui optent pour le 1er mai.
Pas du tout du goût du jeune leader du NPA. "Toutes les organisations de la gauche sociale et de la gauche politique" doivent "se rassembler" et "être capables de donner une direction aux mobilisations locales en cascade qui existent dans le public et le privé", a déclaré Olivier Besancenot.
"Il faut un mouvement prolongé pour la semaine qui vient", car attendre le 1er mai, "c'est endormir les gens", avait poursuivi Pierre-François Grond (NPA), déplorant qu'"on soit toujours dans le monde de la Charte d'Amiens" qui avait consacré l'indépendance des syndicats vis-à-vis des partis politiques en 1906.
Même tonalité du côté d'Arlette Laguiller qui craint d'être débordée et perdre le contrôle de la lutte. Saluant "le manque de préjugés des syndicats" guadeloupéens associés aux politiques dans le collectif LKP, elle a estimé qu'en métropole, ils "craignent non pas l'influence du PS, mais l'influence de l'extrême-gauche".
Regrettant d'être laissée "sur le bord" des cortèges par les syndicats, la figure historique de LO a jugé que le rôle des partis est "d'être avec les organisations syndicales", à condition "de ne pas faire lanterner les travailleurs de deux mois en deux mois".
Autre son de cloche au PCF
"Ne cherchons pas à remplacer les syndicats", a lancé de son côté Marie-George Buffet (PCF). Selon elle, l'écart entre deux manifestations "n'est pas un problème" car "entre-temps, les luttes continuent" dans les entreprises, dans l'Education, à l'hôpital.
"Il faut laisser les salariés décider de leur lutte. La démocratie sociale, ça existe, il faut la respecter", juge-t-elle, appelant au rassemblement des forces politiques de gauche dans le "front de gauche" pour les européennes de juin.