Ce père de famille, qui avait fuit pendant 11 ans avec ses deux fils, a été condamné mardi à 2 mois de prison ferme
La condamnation a été prononcée par le tribunal correctionnel de Draguignan qui a décidé de ne pas maintenir Xavier Fortin en détention. Il a été libéré dans la soirée.
Depuis l'arrestation de leur père fin janvier en Ariège, ses deux fils, enlevés à la garde de leur mère, ont à plusieurs reprises déclaré l'avoir suivi de leur plein gré.
"Il n'y a ni vainqueur ni vaincu, la justice a ouvert les yeux et l'a condamné comme il le fallait, sans excès, et c'est l'essentiel. Elle a fait ce qu'il fallait faire", a déclaré après le jugement l'aîné des fils, Shahi Yena, 18 ans, au côté de son frère, Okwari, 17 ans. Les deux jeunes gens ont défendu leur père tout au long du procès.
Pour l'avocate de ce dernier, "c'est une bonne décision puisque la juridiction a couvert sa détention, c'est ce qu'on demandait". Pour autant, "cela ne règle pas le problème de fond entre un père et une mère quand ils se séparent. Il faudrait toujours avoir droit à ses deux parents", a-t-elle dit.
La mère, Catherine Martin, à l'origine des poursuites, avait décidé de ne pas venir à l'audience et de ne pas se constituer partie civile par souci d'apaisement, selon ses fils.
"Je suis un père" "Quand je les ai enlevés, j'étais en situation de légitime défense de mes enfants. A chaque fois que je les récupérais chez leur mère, je les trouvais dans un état épouvantable, chaque fois j'avais de plus en plus de mal à les retaper", a dit Xavier Fortin au tribunal. Il risquait 2 ans de prison ferme, peine à laquelle il avait été condamné par défaut en 2005. "Si je n'avais pas pris la décision de partir avec eux, j'aurais pu être poursuivi pour non-assistance à enfants en danger", a-t-il ajouté.
Grand, pâle, les cheveux longs coiffés en queue de cheval, le visage traversé de tics nerveux, Xavier Fortin a explosé de colère lorsque la présidente du tribunal a critiqué la vie qu'il avait offerte à ses enfants. "Moi, je suis un père de famille. J'avais une obligation d'éducation de mes enfants, notre cavale, ce n'était pas un choix délibéré, il n'y avait aucun plan, aucune préméditation. Je l'ai fait parce qu'il y avait un risque d'aliénation évident de mes enfants s'ils restaient chez leur mère", a-t-il dit.
Des Cévennes au Gers, de la Haute-Garonne à l'Ariège, l'homme a vécu avec ses deux fils dans des maisons ou caravanes isolées, sans les scolariser mais, selon le dossier présenté au tribunal, sans jamais les maltraiter. Titulaire d'une maîtrise de Sciences, il leur aurait fait la classe lui-même et explique avoir observé avec eux une vie en marge de la société, sur des principes de proximité avec la nature.
La rupture du couple Xavier Fortin a vécu en concubinage avec Catherine Martin de 1987 à juin 1996. A ce moment-là, lasse d'une vie en marge de la société, cette dernière est partie dans le Var chez ses parents avec les enfants du couple et un troisième né d'une première union. Un enfant que Xavier Fortin avait reconnu.
Dans un premier temps, M. Fortin avait obtenu la garde des enfants. Une décision non respectée par la mère qui a été condamnée à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Draguignan en novembre 2006, a rappelé la présidente du tribunal. Puis la garde avait été confiée à Mme Martin. "J'étais prêt à tous les arrangements mais j'ai été rejeté", a dit M. Fortin, qui décide à Noël 1997 de ne pas ramener ses deux fils chez leur mère.
Au moment de son arrestation , il vivait sous une fausse identité avec ses fils dans une grange qu'il louait depuis un an à un Allemand. Auparavant, il s'était occupé pendant sept ans d'une ferme pédagogique dans le département. |