| mardi 30 décembre 2008, a 10:09 |
| Grand froid: Christine Bouttin lance un appel |
Alors que deux hommes ont été retrouvés morts lundi, Mme Bouttin a demandé aux Français "d'être attentifs"
La ministre du Logement à demandé, à Nantes, aux Français de composer le 115 s'ils voient un SDF dans la rue.
Lundi, le corps d'un sans-abris (45 ans) a été trouvé à Cergy-Pontoise, près du centre commercial des Trois Fontaines. Un autre homme (53 ans) a été découvert mort gare Saint-Lazare à Paris dans un local de service.
L'homme mort dans un local de service à la gare était un agent de la SNCF qui dormait là en raison de problèmes familiaux. "Nous ne pouvons pas tolérer en France qu'il y ait des hommes qui meurent dans la rue en raison du froid", a affirmé Christine Bouttin. Elle a rappelé que depuis la polémique suscitée sur une possibilité d'hébergement forcé des SDF "tous ceux qui sont décédés sont des personnes à qui les maraudes ont proposé un hébergement et qui l'ont refusé".
Mme Boutin s'est exprimée lors d'une viste au nouveau centre d'hébergement expérimental de Nantes, la Halte de nuit 44, réalisée à l'image des expériences menées avec succès à Bordeaux et Toulouse, où les SDF se voient imposer moins de contraintes et ont notamment la possibilité d'être hébergés avec leur chien.
Le centre, dont l'expérimentation doit durer trois mois, devrait accueillir une dizaine de personnes dans un premier temps puis une trentaine.
Le président du collectif Morts de la rue, Christophe Louis, précise que ces deux décès portent à 359 le nombre des SDF morts "dans la rue ou des suites de la vie dans la rue" en 2008. Quelque 200 décès de SDF avaient été enregistrés par le collectif en 2006 et en 2007 mais les chiffres pour 2008 ont connu une augmentation spectaculaire due, selon Christophe Louis, à la remontée de davantage d'informations provenant d'associations et du grand public sur ces décès.
A Paris, le Samu social de Paris a annoncé le renforcement de son dispositif d'équipes mobiles (15 camions contre 9 habituellement opérationnels à partir de 20h00) et le nombre des permanenciers au numéro d'appel d'urgence 115.
Le plan grand froid, qui depuis l'hiver dernier n'est plus déclenché au niveau national, mais à l'échelon local par les préfectures, a été mis en oeuvre dans 34 départements, majoritairement au nord du pays et dans la région lyonnaise. Par exemple, 55 places supplémentaires d'hébergement dans le Val-de-Marne, 70 dans le Rhône (en fait des nuitées à l'hôtel), de nombreuses préfectures ont renforcé leurs capacités d'accueil.
Pour sa part, l'association professionnelle "Samu de France" a lancé lundi une "alerte trouge" pour le semaine du nouvel an, en demandant la réouverture de lits de réanimation et un appel des préfets aux médecins généralistes afin qu'ils assurent l'obligation de continuité des soins.
L'association Droit au Logement (Dal) a obtenu samedi de la mairie parisienne la possibilité d'occuper, sans crainte d'expulsion, pendant une semaine, un gymnase du IVe arrondissement qu'elle avait investi en fin de matinée avec 80 à 100 mal-logés. |
|