Le nombre de demandeurs d'emploi a repassé le seuil symbolique des deux millions à la fin du mois d'octobre
Ceux inscrits à l'ANPE en catégorie 1 sont 46.900 de plus en octobre, soit une hausse de 2,4% par rapport à septembre, repassant au-dessus des 2 millions, selon les chiffres donnés jeudi soir par le ministère de l'Emploi.
Sur un an, leur nombre a augmenté de 4,4% (+ 84.900) par rapport à octobre 2007.
Dès mardi, le gouvernement avait commencé à préparer les esprits, le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez annonçant une tendance "très mauvaise", avec une "nette" dégradation. "Nous entrons dans une période difficile qui peut durer un an", avait-il prévenu.
Le nombre de chômeurs inscrits sur les listes de l'ANPE a affiché en octobre sa sixième hausse mensuelle consécutive (+2,4%) et sa huitième hausse depuis début 2008. "Cette hausse s'explique par la hausse des fins de CDD et d'intérim et l'augmentation du nombre de licenciements économiques. Dans le même temps, les offres d'emploi baissent. Au total, c'est la répercussion logique de la crise économique", juge Laurent Wauquiez dans un entretien à La Tribune datée de vendredi.
Le nombre des chômeurs était situé sous la barre des deux millions de personnes en mai 2007. Il faut remonter à mars 1993 pour retrouver une hausse mensuelle plus forte (+54.600).
Si l'on englobe l'ensemble des inscrits en catégorie 1, 2, 3, 6, 7 et 8, c'est-à-dire incluant les chômeurs ayant un pied dans le chômage, un pied dans l'emploi, leur nombre a crû de 1,7% en octobre, à 3,15 millions (+0,4% en un an). La dégradation a affecté tous les chômeurs, mais davantage les hommes (+6,7%) et les jeunes (+4,3% sur un mois).
Les chômeurs de longue durée (inscrits depuis plus d'un an à l'ANPE) ont progressé de 1,6% dans les inscrits en catégorie 1 comparé à octobre (-2% sur un an), et parmi eux, le nombre de chômeurs inscrits depuis un à deux ans a augmenté de 2,6% et celui des inscrits de plus de trois ans de 1,4%.
Quant aux offres d'emploi déposées à l'ANPE, elles ont reculé de 5,5% en octobre sur un mois et de 9,8% sur un an, tombant sous les 300.000.
La nouvelle première secrétaire du PS Martine Aubry a réagi à ces chiffres en dénonçant la politique économique "injuste et inefficace" de Nicolas Sarkozy et en appelant à une relance, notamment par un plan de 300.000 logements sociaux.
Le nombre de chômeurs risque de croître un peu plus en France en raison des annonces de suppressions d'emploi, notamment dans l'industrie automobile et dans le bâtiment. "Pour rétablir la confiance et défendre l'emploi dans la crise actuelle, un plan de relance de grande ampleur sera annoncé très prochainement" et "axé sur le soutien à l'investissement des entreprises", a déclaré la ministre des Finances Christine Lagarde dans un communiqué.
L'OCDE a prévu la semaine dernière une remontée du taux de chômage français à 8,2% de la population active française en 2009 et à 8,7% en 2010, contre 7,2% au deuxième trimestre 2008. Pour sa part, le gouvernement vise 5% en 2012.