La justice a débouté Nicolas Sarkozy qui avait engagé une action contre la vente d'une "poupée vaudou" à son image
Le chef de l'Etat a décidé de faire appel, a indiqué mercredi son avocat, Me Thierry Herzog.
Depuis 15 jours, la maison d'édition K&B vend des manuels vaudous, tirés à 12.000 exemplaires (au prix de 12,95 euros), auxquels sont jointes des poupées à l'effigie de Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal.
C'est la première fois qu'un président de la République française perd un
procès pour atteinte au droit à l'image. Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing avaient obtenu gain de cause en 1970 et 1976. En février, Nicolas Sarkozy avait obtenu la condamnation de la compagnie aérienne Ryanair.
"Cette représentation s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour", selon la justice
"Cette représentation non autorisée de l'image de Nicolas Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle", a fait valoir mercredi le tribunal de grande instance de Paris, statuant en référé. Elle "s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour", ont ajouté les magistrats Isabelle Nicolle, Nicolas Bonnal et Anne-Marie Sauteraud.
En conséquence, ont-ils précisé, "M. Nicolas Sarkozy sera débouté de ses demandes, la diffusion de la poupée litigieuse ne caractérisant pas une atteinte fautive à son droit à l'image ni un trouble manifestement illicite".
L'avocat de Tear Prod, Me Arnaud Rouillon, s'est réjoui que le tribunal ait reconnu l'existence d'un "droit à l'humour". D'autant que les magistrats ont totalement validé son analyse.
Le "Casse-toi pauv con" mis en valeur
Sur les poupées représentant le chef de l'Etat, figurent des inscriptions qui font référence à des épisodes de son parcours politique ou du début de son quinquennat comme "Travailler plus pour gagner plus", "Racaille", "Casse-toi pauv'con" ou encore "170%" (allusion à l'augmentation dont il avait bénéficié en l'an dernier)... Sur celles de Ségolène Royal on peut lire par exemple "Vive le Québec libre" ou "Justice chinoise"...
Le 16 octobre, l'avocat de Nicolas Sarkozy avait adressé un courrier à la société Tear Prod, maison-mère des éditions K&B, demandant le retrait des poupées. Face au silence de l'entreprise, le chef de l'Etat avait décidé de l'assigner en justice pour "violation du droit à l'image".
L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, qui elle-même avait sa poupée vaudou et n'a pas poursuivi l'éditeur, s'est réjouie mercredi de voir que la liberté de carricaturer avait été protégée. "C'est la protection d'une liberté de caricaturer les puissants de ce monde", a commenté la présidente de Poitou-Charentes.