Deux dépôts pétroliers situés près de Dijon sont bloqués par des agriculteurs protestant contre la hausse du gazole
En Haute-Savoie, une centaine d'agriculteurs bloquent le dépôt pétrolier d'Annecy/Vovray. En Savoie, c'est le dépôt de Chignin qui se trouve bloqué.
Depuis quelques jours, les actions menées au départ par les pêcheurs puis par les agriculteurs et les camionneurs se multiplient pour protester contre la hausse du prix des produits pétroliers.
Des pêcheurs ont bloqué jeudi matin le port de Lorient. En Basse-Normandie, les pêcheurs ont bloqué brièvement deux dépôts pétroliers de Caen en fin de nuit, selon la police. Ils ont ensuite mené une opération escargot sur la rocade de Caen.
Le ministre de la Pêche Michel Barnier a lancé un nouvel appel à la reprise du travail par les pêcheurs, jeudi à la sortie d'une table ronde sur la formation des prix dans la filière pêche. "Nous sommes sur tous les fronts pour sortir de la crise. Il y a un préalable: il faut reprendre le travail", a déclaré M. Barnier.
Un agriculteur et un CRS ont notamment été légèrement blessés mercredi lorsque les forces de l'ordre ont chargé des manifestants devant le dépôt pétrolier de Frontignan, près de Sète (Hérault), bloqué pendant huit heures par des agriculteurs, rejoints par des pêcheurs.
En France, les pêcheurs ont continué mercredi leurs actions, bloquant notamment des dépôts de carburant.
Face à leur grogne persistante, Michel Barnier a réaffirmé mercredi à l'Assemblée nationale que le gouvernement avait "entendu leur message et leur détresse."
Dans le sud de la France, les pêcheurs ont tenté de bloquer plusieurs sites pétroliers de la région marseillaise, mais les forces de l'ordre sont intervenues, sans incident, pour les déloger. Une cinquantaine de pêcheurs de l'Aude, des Pyrénées-Orientales et de l'Hérault ont mené une opération "péage gratuit" sur l'autoroute A9 près de la frontière espagnole. Dans l'Ouest, les pêcheurs toujours très mobilisés, ont poursuivi de nombreuses actions: opérations escargot, péages gratuits, barrages filtrants, interception de camions de poisson ou actions dans des rayons poissonnerie de grandes surfaces.
Ces actions contre le prix du gazole ont été relayées, comme les jours précédents, par les agriculteurs dans le nord de la Bretagne, à Lille, à Toulouse ou à Montpellier.
Quelques signes de division
Les pêcheurs de La Rochelle (Charente-Maritime) ont voté jeudi matin la suspension de leur grève dans l'attente de mesures au niveau européen contre la hausse du prix du gazole. Les pêcheurs soumis à une pression économique et judiciaire croissante ont montré quelques signes de division. Ceux de Boulogne-sur-Mer, Calais (Pas-de-Calais) et Dunkerque (Nord) ont décidé mercredi de suspendre leur grève jusqu'à une réunion des ministres européens de la Pêche les 23 et 24 juin.
A La Rochelle, ils ont levé leurs blocus des dépôts de carburant et du port, et une quinzaine de bateau sont repartis en mer dans la matinée.
Leurs confrères de la baie de Seine ont aussi levé le blocus de la raffinerie Total du Havre après une décision en référé du tribunal du Havre.
La justice a également commencé à intervenir pour réprimer certaines actions: six manifestants ont été placés en garde à vue mardi à Caen après avoir été interpellés alors qu'ils vidaient un camion de poisson. Libérés mercredi, ils risquent des poursuites, selon le parquet de Caen.
Vingt-neuf pêcheurs arcachonnais ont connu mardi le même sort, et comparaîtront le 26 juin pour "vols, extorsion et dégradation" après des actions dans des poissonneries de grandes surfaces.
Les annonces de Michel Barnier
Face à cette colère persistante, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier a annoncé l'extension aux patrons-pêcheurs du dispositif d'"aide sociale" exceptionnelle de 40 millions d'euros annoncé la semaine dernière pour les équipages. Il a lancé un appel à "l'esprit de responsabilité" de toutes les professions de la pêche.
Des signes de tension sont aussi apparus entre pêcheurs et distributeurs, notamment avec les mareyeurs et les poissonniers qui ont vu leur activité baisser très fortement, et parfois leurs entreprises mises à sac par des manifestants.
S'estimant "otages" de la crise, ils ont refusé de participer jeudi à une réunion convoquée par Michel Barnier, ministre de la Pêche, sur la formation et la transparence des prix dans la filière de la pêche.
| Transporteurs et prix du carburant |
Le secrétaire d'Etat chargé des Transports Dominique Bussereau a annoncé jeudi, face à la grogne des routiers, qu'un amendement serait voté dans le cadre de la loi de modernisation de l'économie (LME) afin d'"obliger les chargeurs (...) à payer le surplus pétrole".
"Ce sera dans la loi (...) avec une sanction pénale pour ceux qui ne l'appliqueront pas", a-t-il précisé. "On réfléchit à d'autres mesures (...) avec les grandes organisations du transport routier", a ajouté M. Bussereau. "Il faut trouver des solutions profession par profession", a-t-il lancé sans donner de plus de précisions.
La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) a appelé mercredi à "une véritable réforme du secteur" comportant "la mise en oeuvre d'urgence d'un plan gazole" et prévoit des actions de protestation dans les prochains jours. |
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| Le mouvement s'étend en Europe |
Pêcheurs italiens, espagnols et portugais appellent à une grève illimitée contre le prix du gazole à partir de vendredi.
Le gouvernement portugais a refusé mercredi d'accorder des aides d'urgence aux pêcheurs souffrant de la hausse du prix du gazole, lors d'une rencontre à Lisbonne avec leurs représentants. Ceux-ci ont alors décidé de maintenir la grève illimitée annoncée pour vendredi.
En Espagne où plusieurs ports atlantiques, catalans et andalous sont touchés et où a été lancé un appel à une "grève illimitée" à partir de vendredi, tout comme en Italie. Une centaine de pêcheurs des Asturies et de Galice (nord de l'Espagne) sont notamment entrés en action mercredi en coupant brièvement la circulation entre deux villes reliant les deux régions. |