La cérémonie d'allumage de la flamme à Olympie a été brièvement perturbée lundi matin par des militants de RSF
Trois membres de Reporters sans frontières, dont son secrétaire général Robert Ménard, ont tenté de s'approcher de la tribune pendant le discours du responsable chinois du Comité d'organisation des J.O., Liu Qi.
Ils ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit "Boycottez le pays qui piétine les droits de l'Homme" avant d'être interpellés.
L'image n'a pas été diffusée sur la télévision chinoise, qui retransmettait la cérémonie en léger différé et a passé des images d'archives pendant l'intervention des militants de RSF.
"Si le feu olympique est sacré, les droits de l'Homme le sont plus encore. Nous ne pouvions pas laisser le gouvernement chinois se saisir de la flamme olympique, un symbole de paix, sans dénoncer la situation dramatique des droits de l'Homme dans le pays, à moins de cinq mois de l'ouverture des JO", selon le communiqué diffusé par RSF à Paris.
"Nous continuerons à faire des actions comme ça jusqu'au 8 août", a déclaré le responsable de l'association, Robert Ménard, par téléphone depuis les locaux de police de Pyrgos, à 80 km d'Olympie, où il était interrogé par la police grecque.
De son côté, le président Nicolas Sarkozy a adressé à son homologue chinois Hu Jintao un message appelant à "la retenue et à la fin des violences par le dialogue au Tibet", a annoncé lundi l'Elysée.
Alors que la répression se poursuit en Chine, le président du CIO défend la tenue des JO à Pékin. Jacques Rogge estime qu'il n'y a pas d'"élan" international pour un boycott et souligne que George Bush ou Nicolas Sarkozy "ne veulent pas de boycott".
Lundi, le gouvernement tibétain en exil a annoncé que la répression chinoise au Tibet avait fait environ 130 morts. Pour Pékin, le bilan officiel est de 19 morts.
On a aussi appris lundi qu'un militant chinois, qui avait fait diffuser une lettre ouverte sous le slogan "Nous voulons les droits de l'Homme, pas des jeux Olympiques", a été condamné à cinq ans de prison, selon son avocat.
| Olympie: cérémonie d'allumage brièvement perturbée | En Grèce, les autorités, qui craignaient des manifestations d'opposants aux jeux de Pékin, avaient placé sous haute surveillance la cérémonie d'allumage de la flamme des jeux Olympiques. Trois militants de Reporters sans frontières, dont son secrétaire général Robert Ménard, qui a été fait dimanche chevalier de la Légion d'honneur, ont d'ailleurs tenté d'approcher de la tribune officielle lors du discours du responsable chinois du Comité d'organisation des jeux (Bocog), Liu Qi. L'un d'eux a eu le temps de déployer une banderole sur laquelle était inscrit "Boycottez le pays qui piétine les droits de l'Homme". Une autre a crié de derrière la tribune officielle "liberté, liberté". Ils ont été aussitôt interpellées par des responsables de la sécurité avant que la cérémonie ne reprenne.
Ces images n'ont pas été vues à la télévision chinoise qui a suspendu la retransmission pendant l'incident. La télévision chinoise retransmet souvent en très léger différé des programmes qualifiés de "directs", et ce sera le cas pendant les jeux olympiques.
"Le traitement réservé en Chine à ceux qui s'expriment librement, la censure imposée à la presse et le black-out sur le Tibet appellent à une telle mobilisation. Tous les moyens sont bons aujourd'hui pour dénoncer les violations graves des libertés fondamentales en Chine. Nous manifesterons chaque fois que nous le pourrons", a affirmé RSF.
Après la cérémonie d'allumage, une dizaine de militants de la cause tibétaine, certains barbouillés de peinture rouge, se sont allongés dans une rue d'Olympie pour protester contre la répression chinoise.
Un groupe de Tibétains en exil a également exhorté le CIO à annuler le passage par le Tibet de la flamme olympique, qui doit passer par le mont Everest au printemps, et par la capitale Lhassa à la mi-juin avant de rejoindre Pékin, où les Jeux doivent démarrer le 8 août. Les autorités chinoises, elles, ont répété que la flamme olympique passerait bien au Tibet et serait hissée jusqu'au sommet de l'Everest. |  |
| "Des droits, pas les JO" : 5 ans de prison | Yang Chunlin, 52 ans, un militant chinois, qui avait fait diffuser une lettre ouverte sous le slogan "Nous voulons les droits de l'Homme, pas des jeux Olympiques", a été condamné lundi à cinq ans de prison pour subversion, ont annoncé son avocat et sa famille. Me Li a précisé à l'AFP qu'il allait chercher à rencontrer son client pour décider d'un éventuel appel. "Nous souhaiterions qu'il fasse appel, mais lui-même n'est pas sûr de le vouloir car il n'a pas confiance dans le système judiciaire" chinois, a indiqué de son côté Yang Chunping, sa soeur.
Yang avait fait circuler l'an dernier une pétition sur l'internet, qui avait ensuite été censurée, sur le thème "des droits de l'Homme, pas des jeux Olympiques". La pétition de M. Yang aurait été signée par plus de 10.000 personnes, pour la plupart des paysans du Heilongjiang (nord-est) dont les terres ont été confisquées.
L'annonce du jugement, un mois après le procès, intervient le jour même où la flamme des jeux doit être allumée à Olympie, dans le Péloponnèse, en Grèce.
Arrêté en juillet dans la province du Heilongjiang, cet ancien ouvrier d'usine avait comparu en février devant le tribunal de Jiamusi, lors d'un procès qualifié d'injuste par l'organisation Human Rights Watch. Yang Chulin, qui vit à Jiamusi, a été interpellé quatre fois en 2006, notamment pour avoir aidé des paysans à réclamer des dédommagements.
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| Pas d'"élan" pour un boycott selon le CIO | Face à ses détracteurs, qui accusent le Comité international olympique de ne pas faire pression sur Pékin concernant les droits de l'Homme, son président Jacques Rogge a affirmé dimanche que les JO allaient pousser la Chine au changement. "La violence, quelle qu'en soit la raison, est contraire aux valeurs et à l'esprit olympique", a-t-il dit. "Nous pensons que la Chine changera en s'ouvrant au monde grâce aux 25.000 journalistes qui assisteront aux Jeux. Les Jeux olympiques sont une force du bien. Ils sont un catalyseur de changement, mais pas une panacée", a-t-il conclu avant de déclarer lundi : "La plupart des grands leaders politiques ne veulent pas de boycott. Bush ne veut pas de boycott, Sarkozy ne veut pas de boycott, Brown ne veut pas de boycott (...) Il n'y a pas d'élan pour un boycott".
Samedi, le Quotidien du peuple (organe du parti communiste chinois) annonçait en tout cas clairement les intentions de Pékin."La Chine doit fermement réprimer la conspiration visant au sabotage et écraser les 'forces tibétaines d'indépendance'", assurait le journal dans son éditorial. Et il soulignait que "1,3 milliard de Chinois, incluant le peuple tibétain, ne laisseront personne ni aucune force saper la stabilité de la région". "C'est dans ce but que la Chine réprime fermement et condamne sévèrement une poignée de criminels qui ne respectent pas la loi", a ajouté le quotidien. |
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